Les quatre grévistes de la faim en soutien aux Afghans suspendent leur action

Ils ont décidé dimanche de suspendre leur action, à l'issue d'une rencontre qu'ils estiment être positive avec le Premier ministre Elio Di Rupo.

Belga
Les quatre grévistes de la faim en soutien aux Afghans suspendent leur action
©Photonews

Les quatre personnes qui avaient entamé une grève de la faim en solidarité avec les demandeurs d'asile afghans déboutés ou en cours de procédure, qui occupent depuis deux semaines l'église du Béguinage à Bruxelles, ont décidé dimanche de suspendre leur action, à l'issue d'une rencontre qu'ils estiment être positive avec le Premier ministre Elio Di Rupo. "Nous avons eu l'occasion d'exposer notre cause à Elio Di Rupo, qui s'est engagé à contacter le médiateur fédéral au sujet du groupe d'Afghans qui occupe actuellement l'église du Béguinage. Il s'agit là d'un signal positif et nous avons donc décidé de suspendre notre action", a indiqué mardi Anissa, l'une des grévistes de la faim. "Nous allons maintenant voir ce qui va être concrètement entrepris pour les Afghans. Si toutefois le blocage persiste, nous reprendrons notre grève de la faim", a-t-elle conclu.

Les Afghans demandent, entre autres, l'instauration d'un moratoire contre les expulsions en Afghanistan et un statut légal pour l'ensemble des réfugiés afghans déjà présents sur le territoire belge.

Par ailleurs, des clowns et magiciens sans frontière se rendront mardi soir à l'église du Béguinage pour y jouer leur nouveau spectacle de la mission devant les enfants afghans de l'église.

Le médiateur fédéral clarifie sa position

La médiatrice fédérale, Catherine De Bruecker, a tenu mardi à clarifier sa position après les informations qui ont circulé sur sa possible intervention dans le dossier des sans-papier afghans. Si la Chambre ne lui a pas confié une mission d'investigation, elle se dit toutefois soucieuse de collaborer à une solution. Le médiateur n'intervient que dans le cadre tracé par la loi: c'est-à-dire lorsqu'une personne lui adresse une réclamation sur les actes ou le fonctionnement d'une administration ou lorsque la Chambre lui confie une mission d'investigation à l'égard d'une autorité administrative, a-t-elle rappelé. Des collectifs citoyens ou des partis politique ne peuvent saisir le médiateur.

"Actuellement, nous ne sommes investis d'aucune mission d'investigation par la Chambre en rapport avec la situation des ressortissants afghans. Concrètement, cela signifie que nous n'intervenons que dans le cadre de réclamations qui nous seraient soumises par des ressortissants afghans concernant le traitement de leur dossier par les instances d'asile et d'immigration. Nous instruisons ces réclamations en toute impartialité, dans le respect du débat contradictoire et en tentant de concilier les points de vue des parties impliquées", a précisé la médiatrice dans un communiqué.

La médiatrice suit toutefois la situation et se dit soucieuse d'apporter son concours à la résolution de la crise actuelle.

"Nous sommes évidemment attentifs à l'évolution de la situation et soucieux d'apporter notre concours à une résolution de la crise actuelle, dans le respect de l'état de droit et de nos missions légales", a-t-elle ajouté.