Les SAC dès 14 ans : "Un faux problème" pour Clerfayt

Depuis le 1er janvier, il est possible d’infliger des sanctions administratives aux mineurs dès l’âge de 14 ans. Des sanctions qui seraient peu applicables, selon le bourgmestre de Schaerbeek.

Pauline Deglume
Bernard Clerfayt , bourgmestre de Schaerbeek
Bernard Clerfayt , bourgmestre de Schaerbeek ©Alexis Haulot

Depuis le 1er janvier, il est possible d’infliger des sanctions administratives (SAC) aux mineurs dès l’âge de 14 ans. Mais les communes bruxelloises réagissent différemment face à la nouvelle loi fédérale. Par exemple, Etterbeek a décidé de l’appliquer mais pas Woluwe-St-Lambert. Cette dispersion n’a rien d’étonnant au vu de la vive polémique que les sanctions administratives suscitent depuis des mois. En effet, les syndicats, les organisations de jeunesse et certains partis politiques fustigent leur absurdité, leur aspect arbitraire et la stigmatisation des jeunes qu’elles entraînent.

Le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (FDF), estime que l’on attire beaucoup trop l’attention sur un "faux problème". Il s’explique : "Depuis 2000, nous pouvons déjà dresser des SAC aux mineurs dès 16 ans. En 14 ans, on recense seulement deux cas à Schaerbeek. Il y a une hypocrisie de la part du fédéral qui tente de faire croire que l’on va punir des tonnes d’incivilités avec ce système. Alors qu’il faut pour cela du personnel supplémentaire : des gardiens de la paix et des éducateurs de rue que l’on n’aura pas !"

Qui plus est, cette procédure serait très peu applicable selon Bernard Clerfayt. "Il faut convoquer le jeune et ses parents. S’ils sont séparés, il faut veiller à écrire aux deux adres ses. Et que tout ce petit monde se présente avec ses avocats afin d’engager la procédure pour une amende de 100 €. Bref, cela fait beaucoup de chipotage. Laissons ça à la justice et continuons de gérer cela de manière éducative au niveau communal."

Vous l’aurez compris, le bourgmestre de Schaerbeek n’abaissera pas l’âge des SAC. "Mettre le jeune dans un contexte répressif et non éducatif ne sera pas utile sur le long terme. Cela manque d’humain. Avec une amende qui sera de toute façon payée par les parents, les objectifs ne seront pas atteints."

Et pour les faits graves , le FDF assure qu’il est préférable de continuer à faire appel aux juges de la jeunesse. "Ils peuvent investiguer sur un ensemble de choses : le climat familial, la relation avec un groupe de copains, le parcours scolaire. Et avec l’aide de tout le secteur de la jeunesse, ils peuvent proposer une gamme de mesures bien plus riches et créatives, trouver des solutions plus complètes." Pa. D.