Mayeur: "Repenser la proximité à Bruxelles"

Après les bavures policières, Yvan Mayeur a annoncé des réformes, lundi. Entretien.

Suite aux violences policières dont ont été victimes Amrane (23) et Youssef (24) (La DH d'aujourd'hui), Yvan Mayeur (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles, a réagi lors d'une conférence de presse. "Nous sommes confrontés depuis quelques temps à plusieurs plaintes de citoyens qui sont confrontés aux comportements de certains policiers qui ne sont pas adéquats" , commente le maïeur. "En concertation avec le chef de corps de la zone de police, nous avons donc pris la décision d'installer des caméras dans les couloirs et à proximité des cellules pour qu'on ait des éléments quand il y a des choses qui se passent mal."
Suite aux violences policières dont ont été victimes Amrane (23) et Youssef (24) (La DH d'aujourd'hui), Yvan Mayeur (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles, a réagi lors d'une conférence de presse. "Nous sommes confrontés depuis quelques temps à plusieurs plaintes de citoyens qui sont confrontés aux comportements de certains policiers qui ne sont pas adéquats" , commente le maïeur. "En concertation avec le chef de corps de la zone de police, nous avons donc pris la décision d'installer des caméras dans les couloirs et à proximité des cellules pour qu'on ait des éléments quand il y a des choses qui se passent mal." ©JC Guillaume
Entretien de Nathan Gonze

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), entend reformer la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles. Après les nombreuses accusations de bavures qui ont émaillé sa zone ces derniers temps, il veut une police de "qualité" dans les quartiers via la création d’une direction-générale spécifique qui va s’occuper de la police de proximité. Ixelles n’est, quant à elle, pas concernée par la réforme. Du côté des syndicats policiers, avec qui les relations étaient déjà houleuses, ça risque de coincer.

Pourquoi venir maintenant avec ces réformes ? Est-ce que les accusations de bavures qui se sont multipliées ces derniers temps y sont pour quelque chose ?

C’était un sujet de la majorité. Mais il n’était en effet pas entendu que je vienne avec ça maintenant. Je pense que les divers événements qui se sont déroulés durant le printemps et l’été ont accéléré ma décision. La police de Bruxelles reste, à mon sens, la meilleure du monde sur le plan de la gestion d’événements comme un sommet, une manifestation ou la visite de chefs d’Etats comme Obama ou de Xi Jinping. La qualité pour les Bruxellois doit arriver au même niveau. Il faut donc y mettre les moyens. Il faut rehausser la qualité de la police de proximité.

Comment ?

Il y a quelques mois, j’ai demandé à la zone de police d’effectuer un travail sur une restructuration territoriale de la zone en vue d’améliorer cette police de proximité. […] Un rapport complet a été remis le 1er septembre. Tous les différents acteurs de la police ont été interrogés.

Ses conclusions ?

Premièrement, qu’il faut repenser la proximité. Elle doit être abordée non seulement d’un point de vue géographique mais aussi sous l’angle de la disponibilité des services. On s’oriente vers moins d’éparpillement avec un regroupement des forces pour être présent dans les quartiers et offrir un service plus complet pour la population. Deuxièmement, il faut lister les priorités par rapport aux faits que subissent les gens. Qu’est-ce qui doit être abordé de manière transversale? Qu’est-ce qui doit être abordé par quartier? Un problème de prostitution, par exemple, c’est spécifique à un quartier. Par contre, les phénomènes de trafics de drogues doivent être traités de manières transversale. Enfin, nous avons décidé, avec le chef de corps, d’une réorganisation par la création, notamment, d’une direction générale chargée de la territorialité donc de la proximité.

Quand peut-on s’attendre à la mise en œuvre ?

Cela ne se fera pas du jour au lendemain. La semaine prochaine, la proposition sera discutée devant le collège. Ensuite j’irai devant le conseil de police et le conseil communal pour aboutir à un compromis. On ira alors avec cette réforme vers la base policière et puis, vers la population. Entamer les choses maintenant, c’est s’inscrire dans la durée pour réussir dans la durée. Donc, si ça prend 3 ou 4 ans, ce n’est pas grave.

Cela va-t-il entraîner la fermeture de certains commissariats ?

Pas de commissariats mais bien de petites divisions de quartier qui ne sont pas pertinentes pour les citoyens. Il va falloir aussi trouver certains bâtiments pour être mieux implanté. La question pour les gens n’est pas de savoir s’il faut faire 500 m à la place de 100 pour arriver au commissariat mais bien de savoir, lorsque j’y arrive, ce que je pourrai recevoir comme services.

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