Le quartier Midi panse ses plaies

Bruxelles - Rue de Merode: Stigmates des heurts de la manifestation nationale du 06 Novembre
Bruxelles - Rue de Merode: Stigmates des heurts de la manifestation nationale du 06 Novembre ©JC Guillaume
Julien Thomas

Manifestation Les incidents survenus ont marqué le quartier.

Cent-douze policiers blessés, 11 véhicules de particuliers brûlés et 62 autres endommagés, au moins 5 habitations, dont une agence de voyage, plus ou moins gravement dégradées. Sans compter les nombreuses détériorations occasionnées sur la voie publique telles que les pavés arrachés ou les feux de signalisation à remplacer… La manifestation nationale a finalement pris, jeudi soir, des allures de guérilla urbaine.

La faute, selon le bourgmestre bruxellois Yvan Mayeur (PS), à quelque 200 individus, constitués en partie de dockers anversois et de casseurs. C’est aux abords de la Porte de Hal et de la Gare du Midi que les incidents ont éclaté. Les images des voitures retournées et en feu, à l’angle de la rue de Mérode et de l’avenue de la Porte de Hal, ont ainsi tourné en boucle partout dans le pays.

Ce vendredi après-midi, les stigmates restent encore visibles un peu partout. Ici et là, les débris de verre n’ont pas encore été retirés, tandis que plusieurs poubelles calcinées font face au bâtiment de la SNCB dont deux portes en verre brisées ont été remplacées par des planches de bois.

Trois équipes d’une société privée travaillent ainsi d’arrache-pied au remplacement des feux de signalisation situés aux jonctions avec les rues Fonsny, Blaes et de Mérode. "On est occupé depuis ce matin à 8h30 et cela devrait être fini ce soir. En 25 ans, je n’avais jamais vu cela", lâche Chris, 46 ans, occupé à remplacer un feu de signalisation.

Lorsqu’il s’agit de raconter ce qu’ils ont vécu jeudi soir, tous les riverains reconnaissent avoir ressenti de la peur. "J’ai eu l’impression de me trouver dans le feu croisé d’une bataille ! Il y avait tous ces gars en orange qui lançaient des pierres, puis la police qui a lancé des sortes de boules enflammées et des grenades lacrymogènes", se souvient David, 27 ans, un habitant de la rue de Mérode.

"Il y avait beaucoup de sang sur le sol. Je n’avais jamais vu un truc comme cela", lâche Carmen, une riveraine de 28 ans. Juste à côté, le centre de soins de beauté a tout simplement fermé. Joelma, une employée, raconte : "On a eu peur que les policiers ou les casseurs entrent et on a donc fermé les volets jusque 17h. Même au Brésil, je n’avais encore jamais rien vu de pareil…" J. Th.