Pascal Smet : "Le budget vélo doublé"

Selon les comptages effectués par l’Observatoire du vélo en Région bruxelloise, le nombre de cyclistes a augmenté de 28 % en 2014, par rapport à l’année précédente. Cependant, la proportion de femmes n’augmente pas et de nombreux cyclistes ne portent pas de casque. Le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), commente ces résultats et les projets menés pour augmenter l’usage de la petite reine dans notre capitale. Entretien.

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© stephanie Lecocq
Pauline Deglume

Selon les comptages effectués par l’Observatoire du vélo en Région bruxelloise, le nombre de cyclistes a augmenté de 28 % en 2014, par rapport à l’année précédente. Cependant, la proportion de femmes n’augmente pas et de nombreux cyclistes ne portent pas de casque. Le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), commente ces résultats et les projets menés pour augmenter l’usage de la petite reine dans notre capitale.

Comment expliquer le fait que l’usage du vélo soit reparti à la hausse en 2014 ?

Auparavant, la croissance était beaucoup plus importante. Puis, il y a eu une période de stagnation en 2011, 2012 et 2013, avant une remontée en 2014. C’est une progression que l’on attribue aux conditions climatiques favorables. Mais je pense qu’il existe d’autres raisons. Pour les connaître, il faudrait professionnaliser le comptage, à Bruxelles, afin d’obtenir un éclairage sur les fluctuations. Pour l’heure, il y a des comptages quatre fois par an à vingt-six endroits. C’est encore trop amateur…

L’étude démontre que les femmes sont moins nombreuses que les hommes parmi les cyclistes. Quant aux enfants, ils se font très rares.

Cela s’explique par le manque de sécurité ressenti par les gens. Même s’il n’est pas vraiment dangereux de rouler à vélo, il y a un sentiment d’insécurité. De nombreux parents ont peur que leurs enfants roulent dans le trafic, ce qui est compréhensible. L’aménagement de pistes cyclables séparées du trafic est une solution.

Selon l’Observatoire du vélo, moins de la moitié des cyclistes portent un casque. Comment changer les habitudes ?

Certains estiment qu’il faut rendre le port du casque obligatoire. D’autres craignent que cela ne réduise la croissance de l’utilisation du vélo en ville. Je pense que l’obligation va trop loin, même si je ne peux pas l’exclure. Actuellement, les opinions sur le sujet sont trop divergentes pour que je puisse trancher.

Comment comptez-vous développer la pratique du vélo ?

Concernant l’aménagement de pistes cyclables, nous passons d’un budget de 6 millions en 2014 à 12 millions en 2015, soit le double ! Un véritable réseau cyclable va voir le jour durant cette législature. Il y aura la piste cyclable de la Petite Ceinture et des radiales pour rejoindre le Pentagone. Les nouvelles pistes cyclables seront connectées à celles de la Flandre, afin que les navetteurs de la périphérie puissent venir travailler à vélo. Ce sera bon pour eux et pour les Bruxellois.

En septembre, vous aviez énoncé l’envie d’instaurer des vélos électriques en libre-service. Cela avance ?

J’ai pu voir et tester un prototype. Mais nous sommes toujours en négociation avec JC Decaux. Si tout se passe bien, les premiers Villo électriques pourraient être introduits au plus tôt en 2016. Mais je veux rester prudent sur le timing car cela dépend des négociations. Le réseau Villo actuel est un bon réseau. Le remplacement de certains vélos classiques par des vélos électriques réglerait en partie le problème des stations saturées ou vides puisque ce problème est lié au fait que les gens descendent à vélo mais ne montent pas.

D’autres projets pour renforcer la pratique du vélo ?

Du point de vue du marketing, je ne crois pas dans les grosses campagnes disant de rouler à vélo. Je veux mettre sur pied des campagnes sur mesure visant des groupes cibles afin de savoir pourquoi ils ne roulent pas à vélo.

Selon l’Observatoire du vélo, on atteindra 12 % de cyclistes en 2018 si la courbe se poursuit. Souhaitez-vous aller plus vite ?

On va voir. Il faudra déjà de gros efforts pour atteindre 12 %. Vu la stagnation des dernières années, je reste très prudent. Mais je pense que l’instauration de pistes cyclables séparées et la progression du vélo électrique peuvent rendre cela possible.