L’état déplorable des alentours de la Grand-Place

Maisons en ruines, logements vides au-dessus des commerces, terrains vagues, façades dégradées, bâtiments abandonnés, etc. Nous sommes pourtant au cœur de Bruxelles, à deux pas de la Grand-Place, dans ce qu’on appelle l’Ilot sacré, une zone théoriquement protégée par son statut de zone Unesco...

N. G.
L’état déplorable des alentours de la Grand-Place
©D.R.

Maisons en ruines, logements vides au-dessus des commerces, terrains vagues, façades dégradées, bâtiments abandonnés, etc. Nous sommes pourtant au cœur de Bruxelles, à deux pas de la Grand-Place, dans ce qu’on appelle l’Ilot sacré, une zone théoriquement protégée par son statut de zone Unesco.

Pour deux élus FDF, Caroline Persoons et Fabian Maingain, il s’agit d’une situation "surréaliste" à côté de "la plus belle place du monde" . Un petit tour dans le quartier en leur compagnie le démontre sans mal.

Ainsi, rue de l’Etuve, la rue du Manneken-Pis (récemment intégrée à la zone Unesco), de nombreuses façades sont en mauvais état, certains rez-de-chaussée sont abandonnés et surtout beaucoup d’étages sont laissés à l’abandon.

Idem rue des Chapeliers, beaucoup de façades sont dans un état de dégradation très avancé, à tel point que, par endroits, de la végétation pousse entre les pierres.

Le constat est également le même dans la touristique rue des Bouchers, où si l’on arrive à voir au-dessus des auvents, on constate que beaucoup d’étages sont vides et laissé à l’abandon.

Une lueur d’espoir tout de même : le terrain vague de la rue du Marché aux Herbes, caché par une palissade en bois depuis plusieurs dizaines d’années, devrait reprendre vie en 2017 et accueillir 79 nouveaux logements.


Des outils réglementaires existent

Pour les deux élus, cette situation s’explique par de nombreux facteurs : exode urbain, nuisances dues au tourisme, spéculation immobilière, bail unique, mais aussi à un manque d’actions de la Ville et de la Région. "La situation de l’Ilot sacré se caractérise par une frénésie réglementaire suivie d’une certaine passivité dans l’exécution" , critiquent les FDF qui estiment que les instruments existent pourtant pour protéger ce patrimoine. "La Région ou la commune peuvent se substituer aux propriétaires lorsque ceux-ci refusent d’effectuer des travaux. Selon le Cobat, une expropriation pour cause d’utilité publique d’un bien relevant du patrimoine est possible. Enfin, il est possible de mettre en œuvre une action en cessation des atteintes à l’environnement."

Caroline Persoons interpellera prochainement le ministre-président au Parlement bruxellois pour savoir comment ces outils sont activés. Fabian Maingain le fera quant à lui au conseil communal de la Ville de Bruxelles.

Au cabinet de Rudi Vervoort (PS), on nous a fait savoir que le ministre-président réservait sa réponse pour les débats parlementaires.