A Bruxelles, Uber veut jouer la transparence

Tous les numéros de TVA des chauffeurs sont désormais contrôlés.

Pa. D.
Bruxelles - Place Marcel Broodthaers 8: Uber - Filip Nuytemans General Manager Uber Belgium
Bruxelles - Place Marcel Broodthaers 8: Uber - Filip Nuytemans General Manager Uber Belgium ©©JC Guillaume

Menacée d’astreintes après un verdict négatif par le tribunal de commerce de Bruxelles, la firme de San Francisco a dû suspendre en septembre dernier son application UberPop. Depuis, la société se concentre sur le développement de son service professionnel Uber X avec un résultat très mitigé.

Accusée de favoriser le travail au noir et d’éluder la TVA, la société californienne semble vouloir se départir de cette image négative. Le directeur général d’Uber Belgique que nous avons rencontré hier affirme jouer la carte de la transparence. "Depuis quelques mois, nous demandons à tous les chauffeurs d’avoir un numéro de TVA et nous vérifions à la banque-carrefour si celui-ci est valide. Et nous allons plus loin puisque chaque utilisateur peut retrouver en ligne une facture pour chaque trajet avec le prix, la TVA qui est incluse, le nom de l’entreprise du chauffeur et son siège social. On assure complètement la transparence", souligne Filip Nuytemans.

Le patron belge d’Uber estime qu’un tel dispositif pourrait être mis en place si UberPop faisait son grand retour dans la capitale. "Chaque Belge qui gagne de l’argent, via une activité complémentaire ou à temps plein, doit le déclarer. Aujourd’hui, il y a beaucoup de cash dans le secteur des taxis. Avec Uber, tous les paiements se font par cartes bancaires et sont traçables. C’est un grand atout. Nous sommes d’accord de travailler avec le gouvernement dans ce cadre légal. En fin d’année, on pourrait dire ce que chaque conducteur a gagné et on donnerait cette information au fisc. Il n’y aurait plus de fraude possible", assure Filip Nuytemans.

"Nous aimerions revenir avec UberPop"

Le retour d’UberPop à Bruxelles dépend du futur Plan Taxi du gouvernement bruxellois. La société Uber a également fait appel au jugement défavorable, mais celui-ci risque de prendre beaucoup de temps. "Nous aimerions revenir avec UberPop, car on croit toujours dans le ridesharing. Ceci dit, avec tout ce qu’il s’est passé, je ne vois pas cela arriver directement. On est peut-être arrivé un peu trop tôt à Bruxelles. On a vu les mêmes réactions partout en Europe alors qu’aux Etats-Unis, tous les Etats ont une législation pour encadrer le ridesharing. J’aimerais dire qu’on pourra continuer ici, mais il faut être réaliste. Je pense qu’il faudra tout d’abord un Plan Taxi qui libéralise un peu le secteur et qui permette à d’autres joueurs d’entrer sur le marché, mais sans doute d’abord au niveau des chauffeurs avec licence."

La première version du Plan Taxi du ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA) avait été recalée au gouvernement. Celui-ci imposait peu de conditions à Uber. Une nouvelle version de ce plan était annoncée pour la fin de l’année. Filip Nuytemans déclare ne pas savoir ce que celui-ci contiendra, mais il se dit prêt à respecter certaines contraintes pour qu’UberPop puisse exister.

"On est d’accord de s’aligner sur des critères si ceux-ci ont du sens. La sécurité, par exemple, c’est super important. On ne discutera pas non plus sur la fiscalité : cela doit être transparent. Par contre, des règles concernant la valeur minimale d’un véhicule ou les prix fixes qui servent à bloquer le marché, on n’est pas d’accord."