Tunnels bruxellois: les deux derniers ministres de la Mobilité entendus par la commission

Brigitte Grouwels a rappelé son ambition à l'entame de son mandat en matière de mobilité: priorité aux usagers faibles et aux transports en commun, "ce qui ne signifie pas que les investissements dans les ouvrages d'arts et tunnels de la capitale ont été négligés", a-t-elle souligné.

tunnels
©Photo News
Belga

Les deux derniers ministres de la Mobilité du gouvernement bruxellois se sont successivement expliqués, mercredi, jusque dans la soirée, devant la commission spéciale du parlement bruxellois sur leur gestion du dossier des tunnels, mis sur le devant de l'actualité au cours des dernières semaines en raison de signes de dégradation observés dans plusieurs d'entre eux.

Au terme de ces auditions, la commission a décidé de tenir la semaine prochaine une réunion de débats internes pour faire le point au départ des premiers témoignages et de la montagne de documents qui s'est accumulée sur la table de ses membres. D'autres auditions suivront, notamment celles des experts des bureaux extérieurs à l'administration, spécialisés dans la problématique. Le gouvernement bruxellois sortant a consacré quelque 120 millions d'euros à l'entretien et à la rénovation des tunnels au cours de la législature précédente, soit une augmentation de quelque 20%, alors que le budget global du département des Travaux publics et de la Mobilité a connu une diminution, a affirmé l'ex-ministre Brigitte Grouwels, la première à être auditionnée mercredi après-midi.

Mme Grouwels a rappelé son ambition à l'entame de son mandat en matière de mobilité: priorité aux usagers faibles et aux transports en commun, "ce qui ne signifie pas que les investissements dans les ouvrages d'arts et tunnels de la capitale ont été négligés", a-t-elle souligné.

L'ex-ministre CD&V a ajouté que, sous son mandat, près de 100% des moyens budgétaires réservés aux tunnels ont été effectivement dépensés.

Enumérant une série d'interventions sur nombre de tunnels, Mme Grouwels est également revenue sur le Masterplan de rénovation finalisé en août 2013, mais qui n'a jamais fait l'objet d'une décision au sein du gouvernement.

Selon elle, ce plan qui n'a jamais été secret, ayant déjà servi de base de travail à Bruxelles Mobilité, a été intégré dans le plan pluriannuel plus large des travaux publics en Région bruxelloise dont le gouvernement bruxellois a pris acte en octobre 2013.

Concernant le tunnel Rogier, la ministre a concédé que l'option de la réfection de l'étanchéité dans le cadre du chantier de rénovation de la place dont le coût ne cessait de grimper avait été écartée, faute de plan détaillé sur ce travail; parce qu'elle était présentée par l'administration comme "une opportunité et non comme un impératif" et parce que le degré d'urgence en matière de sécurité mettait alors l'accent sur d'autres tunnels.

De son côté, Pascal Smet a décortiqué le travail des cabinets qu'il a dirigés de 2004 à 2009 et depuis 2014.

Il a rappelé que la gestion des ouvrages d'art relevait avant tout de l'administration, y compris la décision de fermer un tunnel, sauf au-delà 72 heures. Il a insisté sur le fait que la sécurité des automobilistes avait la priorité absolue et rappelé que jusqu'il y a peu, les examens des tunnels n'étaient que visuels. Depuis novembre dernier, et à sa demande, on procède à des inspections approfondies et également manuelles, ce qui a débouché sur la fermeture partielle ou totale successive de plusieurs tunnels.

Le gouvernement bruxellois disposera d'un plan global de rénovation des tunnels d'ici la fin du mois. Selon une estimation provisoire, les travaux étalés sur plusieurs années devraient mobiliser 523 millions d'euros, sans compter les 120 millions de rénovation du Léopold II (hors étanchéité).

Plus près dans le temps, les travaux provisoires qui démarreront lundi dans le tunnel Stéphanie permettent d'envisager, sous condition, une réouverture d'ici la fin du mois de mai, en attendant une rénovation en profondeur de l'ouvrage. Les travaux seront menés sur une plage horaire étendue de deux ou trois shifts. Ils mobiliseront un demi million d'euros.

Des inspections menées dans l'ensemble des tunnels, il ressort que la démolition du viaduc Reyers permet d'envisager le remplacement de la dalle de couverture de tunnels du complexe Reyers, ce qui aurait été impossible en présence du viaduc démoli durant l'été, a commenté M. Smet.

Ces travaux seront mis à profit pour démolir les vestiges du viaduc, une opération prévue entre avril et août prochains.

Les travaux d'étanchéité seront menés au tunnel Rogier sur le tronçon situé entre la chaussée d'Anvers et l'avenue Ginest. Le ministre espère voir ceux-ci commencer encore cette année.

Le tunnel Montgomery fermé depuis mercredi matin sur base d'un rapport du bureau d'experts SECO subira une nouvel étude approfondie au cours des prochains jours. Il est impossible de dire si l'enfoncement de 8 centimètres de la dalle de couverture observé sous la voie de service du tram 81 est récent ou ancien. Le ministre a dit espérer une réouverture rapide mais sans être en mesure de donner une échéance.

Après avoir fait le point sur l'état des lieux des autres tunnels, M. Smet a souligné qu'il voulait du personnel supplémentaire et un "Monsieur tunnels" dans l'administration pour le suivi de ce dossier.

Il a affiché sa volonté et celle du gouvernement à la fois de résoudre "cette m... de dossier" et d'embellir la ville.

Sur le même sujet