La commission tunnel opte pour la responsabilité collective

Aucun politique n’est pointé du doigt. Des recommandations sont émises.

Illustration picture taken during a session of the special commission on the problems with the Brussels' tunnels, at the parliament of Brussels Region in Brussels, Wednesday 09 March 2016. A deadline was set on 30 April for the commission to give its report on the closing of the Staphanie tunnel and the future of other Brussels tunnels. BELGA PHOTO THIERRY ROGE
Illustration picture taken during a session of the special commission on the problems with the Brussels' tunnels, at the parliament of Brussels Region in Brussels, Wednesday 09 March 2016. A deadline was set on 30 April for the commission to give its report on the closing of the Staphanie tunnel and the future of other Brussels tunnels. BELGA PHOTO THIERRY ROGE ©BELGA
Pauline Deglume

Ceux qui espéraient voir des têtes tomber et des solutions miracles émerger sont certainement déçus. Après deux mois et demi de travaux, les treize députés bruxellois et leurs suppléants siégeant au sein de la commission spéciale consacrée aux tunnels ont conclu que la responsabilité du manque d’entretien et d’inspections est "collective et partagée entre le politique et l’administration".

L’examen de dizaines de documents et l’audition d’anciens et actuels responsables politiques, experts et cadres de l’administration n’ont finalement pas permis de pointer de responsabilité personnelle dans ce dossier sensible. "Nous aurions été bien en peine de désigner un coupable unique. Les tunnels, c’est un exemple du mal bruxellois. La Région a hérité d’infrastructures sans obtenir les moyens financiers nécessaires. Ajoutons à cela des problèmes de gestion tant du côté de l’administration que du politique. Et puis, comme le problème ne date pas d’hier…", résume la députée Céline Delforge (Ecolo).

Au lendemain de la fermeture du tunnel Stéphanie, les députés libéraux Boris Dilliès et Vincent De Wolf avaient pourtant évoqué la démission du ministre régional de la Mobilité Pascal Smet (SPA). Mais en commission, les propos tenus n’ont plus jamais été aussi virulents. "Il y a eu une forme d’hystérie avec la fermeture du tunnel Stéphanie. La sauce est montée mais cette posture, même pour le MR, n’était pas tenable à long terme. Il s’agit d’un problème important mais il n’y a pas eu mort d’homme. Et puis, on a quand même eu des attentats qui relativisent fortement le problème", avance l’écologiste.

L’opposition satisfaite des mesures

Peut-on pour autant conclure que la commission n’a débouché sur rien ? Qu’il s’agit d’une montagne accouchant d’une souris ? Ce n’est pas l’avis de ses membres. Même dans l’opposition, on se dit satisfait des mesures obtenues. Tant au MR que chez Ecolo, on se félicite ainsi d’avoir obtenu un audit de Bruxelles Mobilité par la Cour des Comptes dont l’objectif sera de rendre l’administration plus moderne et performante.

Parmi les recommandations votées à l’unanimité hier, notons encore la proposition d’adopter de nouvelles procédures de gestion et de suivi des ouvrages d’art, le développement d’une procédure de transmission optimale de l’information entre l’administration et le politique et la transmission automatique des études commandées par le gouvernement aux parlementaires.Pa. D.