Le cdH a sondé les Bruxellois sur le piétonnier, voici les principaux enseignements

Le parti centriste a commandé un sondage auprès d'un bureau d'études et les résultats sont sans équivoque : le Bruxellois n'est pas contre le piétonnier, mais ne se sent pas écouté. Pour Joëlle Milquet, "une bonne idée avec une mauvaise méthode devient une mauvaise idée."

Sondage cdH
©Nicolas Lowyck
Nicolas Lowyck (st)

"Une bonne idée avec une mauvaise méthode devient une mauvaise idée." Voici comment Joëlle Milquet, cheffe de groupe cdH, frondeuse et requinquée, parle du piétonnier. 


Accompagnée par Hamza Fassi-Fihri, conseiller communal et vice-Président du cdH, elle confirme la position pro-piétonnier des centristes. Après tout, le cdH était dans la majorité dirigeant la Région à une époque où le dossier était déjà sur la table. Ce qui est nouveau, c'est l'étude, commandée par le parti, auprès du bureau Incidence et menée par Geoffroy Comhaire (assis à sa gauche sur la photo). 

L'étude a scanné l'opinion de 497 Bruxellois, pour une marge d'erreur de 4,4 %. Et les résultats sont nets : de manière générale, les habitants de la capitale européenne s'accordent sur la bonne idée que représente ce piétonnier. Cependant, il a été "mal conçu", n'est "pas suffisamment aménagé" et "engendre des nuisances", aussi bien pour les commerces que pour la circulation, sans parler de l'insalubrité. A toutes les questions posées, la moitié des sondés, peu importe leur âge et leur genre, dénoncent une série d'incohérences et de conséquences à ce qui semble être un problème, plus général, de "management". 

  • "Pour quelles raisons fréquentez-vous le piétonnier ?"
A cette question, 60% de ceux qui le traversent le font pour se balader, profiter de la ville, tandis que 50% désirent aussi y faire du shopping. A contrario, seuls 2% s'y rendent sans raison particulière.

  • "Pour quelles raisons ne fréquentez-vous pas ou plus le lieu du piétonnier?"
Ce qui saute aux yeux, c'est le flou dans lequel les habitants ont l'impression d'être tenus. 42% pointent sa difficulté d'accès, peu importe le transport utilisé. 40% le trouvent sale. 36% n'en ressentent pas le besoin, tandis que seuls 4% avouent ne pas savoir comment s'y rendre.

  • "Depuis l'instauration de ce piétonnier, diriez-vous que vous fréquentez plus ou moins souvent ce quartier de Bruxelles ?"
Le résultat est sans appel : 30% des sondés, un tiers des badauds, déclarent s'y rendre "beaucoup moins souvent" et 24% "moins souvent". 4% disent l'emprunter "beaucoup plus souvent". Et quand la question est orientée sur la fréquentation des restaurants, les résultats sont d'autant plus marquants: 47% s'y rendent moins souvent ou beaucoup moins souvent. 41% déclarent ne pas avoir davantage, ni moins ouvert les portes de la restauration.
Enfin, l'étude s'intéresse aux magasins et les chiffres se répètent : ils sont 51% à opter moins souvent ou beaucoup moins souvent pour une après-midi shopping le long du boulevard Lemonnier.

tableau de fréquentation du piétonnier
©Incidence



Finalement, la fréquentation du piétonnier est résumée par ce tableau. Un Bruxellois sur deux, qui avait pour habitude d'emprunter le quartier du piétonnier, ne s'y rend plus, que ce soit pour les restaurants ou les commerces.

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