VisitBrussels lance un plan à un million d’euros pour limiter la casse dans les hôtels.

La semaine dernière, on recensait à Bruxelles ainsi toujours 20 % en moins de nuitées pour les hommes d’affaires, et 30 % pour les touristes, par rapport à l’année dernière. D’après nos informations, certains hôtels seraient d’ailleurs au bord de la faillite. De quoi préoccuper "VisitBrussels".

VisitBrussels lance un plan à un million d’euros pour limiter la casse dans les hôtels.
©Bauweraerts
Meulders Raphaël

La météo de ces derniers jours ne l’annonce guère, mais l’été approche. Et en Belgique, c’est tout un secteur économique qui attend impatiemment les premiers rayons de soleil et, surtout, les premiers touristes.

A Bruxelles, cet été est perçu comme une véritable bulle d’oxygène : hôtels, restaurants et autres gérants d’attractions touristiques continuent de faire grise mine suite aux attentats du 22 mars dernier. La semaine dernière, on recensait ainsi toujours 20 % en moins de nuitées pour les hommes d’affaires, et 30 % pour les touristes, par rapport à l’année dernière. D’après nos informations, certains hôtels seraient d’ailleurs au bord de la faillite.

De quoi préoccuper "VisitBrussels", l’organe régional en charge du tourisme et des congrès, qui lance une vaste campagne pour "sauver l’été" de Bruxelles. Un million d’euros vont ainsi être investis dans différentes actions d’ici la fin de l’été. "Il faut qu’on limite la perte du taux de fréquentation touristique à 15 % durant ces mois de vacances" , lance Patrick Bontinck, patron de "VisitBrussels". Dès aujourd’hui, c’est donc la deuxième phase d’un vaste plan qui débute. "Dans un premier temps, nous avons voulu rassurer, montrer que Bruxelles était toujours sûre et accessible , poursuit M. Bontinck . En septembre, nous lancerons une vaste campagne pour redorer l’image de Bruxelles." D’après les experts, il faut attendre ce moment pour que ce message devienne audible à l’international. "Mais pour cet été, il y a urgence : il faut mettre en avant les événements estivaux de Bruxelles, sa richesse culturelle, son savoir-vivre." Le public ciblé ? Les touristes des pays limitrophes, des Etats-Unis, ainsi que les Wallons et les Flamands qui représentent 20 % des nuitées à Bruxelles mais la majorité des clients dans les attractions. Or ces derniers ont déserté leur capitale ces derniers mois. Voici comment Bruxelles veut sauver son été.

1. Transports. Si la crise bruxelloise est si grave, c’est sans doute parce que Bruxelles a longtemps été privée de "son" aéroport. Les images d’énormes files lors du redémarrage de ce dernier n’ont pas vraiment incité les touristes étrangers à se déplacer en Belgique. Avec le retour à la normale prévue à l’aéroport ce jeudi, la situation devrait s’améliorer. "VisitBrussels" va aussi mettre les bouchées doubles en multipliant les partenariats sur le rail avec Thalys (Paris, Amsterdam), Eurostar (Londres) et les chemins de fer allemands. L’idée est à la fois de mettre Bruxelles en évidence sur les sites de ces transporteurs, tout en proposant d’importantes ristournes sur la destination bruxelloise. Ce type de partenariat va aussi être noué avec deux géants de la réservation de voyage en ligne, à savoir Expedia et TripAdvisor. C’est la loi de l’offre et de la demande : moins une destination est prisée, plus bas les tarifs du voyage descendent. Or actuellement, on ne se bouscule pas pour visiter notre capitale, ce qui devrait rendre Bruxelles attractive au niveau des prix cet été.

2. Médias. La grande offensive de Bruxelles passera aussi par une campagne d’envergure dans les médias étrangers. L’image de Bruxelles a durement été écornée à l’international et les autorités bruxelloises entendent rectifier le tir. Dans les jours qui viennent, un supplément de seize pages vantant la capitale sera ainsi inséré dans le quotidien français "La Voix du Nord". Des partenariats ont également été liés avec "Les Inrockuptibles", des médias allemands, néerlandais et… belges. "VisitBrussels" enregistre aussi deux fois plus de voyages de presse (loisirs) de journalistes étrangers par rapport à l’an dernier. Enfin, les "nouveaux influenceurs" ne sont pas oubliés : 22 blogueurs parmi les plus suivis au monde sur les réseaux sociaux sont invités à visiter Bruxelles du 10 au 12 juin. A eux seuls, ces derniers accumulent 1,6 million de "suiveurs".

3. Expatriés. Enfin, une campagne spéciale va être destinée aux milliers d’expatriés qui vivent à Bruxelles. Le but ? Les inciter à encourager leurs compatriotes à revenir dans la capitale belge."Ils ont beaucoup plus d’influence dans leur pays d’origine que n’importe quel organisme belge" , fait savoir un acteur du secteur touristique bruxellois.R. Meu.