Bruxelles: le bruit en ville, un fléau en augmentation

Chaque année, le service de gestion des nuisances reçoit des centaines de plaintes.

Arnaud Farr
City Parade 2001/ techno / musique / bruit / dance DH 25/06/01
City Parade 2001/ techno / musique / bruit / dance DH 25/06/01 ©Frederic Sablon

Musique jusqu’aux petites heures, aboiements intempestifs, hotte du restaurant voisin, tondeuse à l’aube, travaux à domicile, etc. La pollution sonore est une des premières nuisances en ville. Chaque année, le département de Bruxelles Environnement chargé de la gestion des nuisances reçoit un tas de plaintes liées au bruit dans la capitale. "En 2016, nous avons enregistré 271 plaintes sur l’ensemble de la Région, sans compter les plaintes liées aux avions. La tendance est à l’augmentation depuis des années, puisqu’on enregistrait par exemple 254 plaintes en 2013" , explique Vincent Cauchie, responsable du département de la gestion des nuisances à Bruxelles Environnement.

A l’instar de l’année 2015, les plaintes pour bruit concernent en premier lieu les nuisances constatées à l’intérieur des logements, avec 69 plaintes, soit 25 % du total enregistré en 2016. "On parle ici des cas de chiens qui aboient, du volume de la télévision trop élevé, de la chaudière ou de la machine à laver qui font trop de bruit", explique notre expert.

Viennent ensuite les plaintes qui concernent l’horeca (23 % avec 62 plaintes enregistrées). "Cette catégorie concerne surtout les plaintes pour de la musique amplifiée diffusée dans les établissements ou les systèmes de hotte dans les cuisines, ajoute Vincent Cauchie. En revanche, nous ne traitons pas les plaintes pour le comportement de la clientèle sur la voie publique, car cette compétence est du ressort de la police locale."

Le troisième type de nuisances concerne le commerce de détail, avec 27 plaintes enregistrées. On parle dans cette catégorie des systèmes de refroidissement, essentiellement les frigos, qui peuvent causer des nuisances sonores dérangeantes pour le voisinage.

Le secteur des loisirs constitue la quatrième catégorie des plaintes les plus fréquemment enregistrées par Bruxelles Environnement (20 plaintes en 2016). Cela concerne les salles de spectacle, les salles de fêtes ou les discothèques dans lesquelles la musique amplifiée incommode les riverains du quartier.

"Si on analyse les graphiques des dernières années, la tendance est à l’augmentation. Le bruit est d’ailleurs la première cause de déménagement en Région bruxelloise. En revanche, peu de PV sont dressés car on prône le dialogue à la répression, et si jamais le contrevenant n’intervient pas pour améliorer la situation, il écopera alors d’une amende", précise Vincent Cauchie.

En outre, chaque commune bruxelloise est désormais dotée d’un service de médiation qui vise à prendre en charge ce genre de conflits afin de trouver une solution à l’amiable à ce type de nuisances, de plus en plus fréquentes.