Etterbeek: un appel pour plus de mixité sociale dans les écoles

action mixité college st michel ett
action mixité college st michel ett ©Bauweraerts Didier
Sarah Nuyens

Infor Jeunes Laeken a tenu une action ce vendredi au sein du collège Saint-Michel.

La mixité sociale s’arrête ici." C’est ce qu’on pouvait lire ce vendredi matin sur les autocollants posés par Infor Jeunes Laeken sur les murs de plusieurs établissements scolaires bruxellois, notamment au lycée Jacqmain, à l’institut Saint-André et au collège Saint-Michel.

Pour ce dernier jour des inscriptions dans le secondaire, l’association tenait à mener une action symbolique. Objectif : dénoncer le manque de mixité sociale dans les écoles bruxelloises.

"Les enquêtes internationales Pisa ont démontré que les pays qui avaient une forte mixité sociale dans leur système scolaire réduisaient le plus les inégalités de résultats. Or, la commission de pilotage dit que les objectifs en termes d’égalité et de mixité sociale ne sont pas réellement atteints. Ce dont notre système a avant tout besoin, c’est d’une régulation beaucoup plus forte en amont, dès le fondamental", analyse Chantal Massaer, directrice d’Infor Jeunes Laeken.

Munis de leur plus beau costume, symbolisant la pauvreté, les membres de l’association se sont rendus au sein du collège Saint-Michel, considéré comme une "école de riches", pour y rencontrer le directeur afin de lui faire signer une charte. Celle-ci appelle l’établissement à ne pas pratiquer de sélectivité ni de ségrégation ainsi qu’à appliquer une mixité sociale tout au long de la scolarité.

"Je signe par conviction"

Deux comédiens du Magic Land Théâtre, munis de leur marionnette, se sont joints au groupe afin de théâtraliser la scène. Après quelques minutes d’attente, le directeur a pris part au débat. "Nous avons des élèves provenant d’une centaine d’écoles primaires et de multiples cultures. Dans le cadre du décret inscription, nous sommes tenus de réserver 20 % des places aux enfants venus des écoles Isef (NdlR : indice socio-économique faible) et nous sommes à 25 %", se défend le directeur Paul-B de Monge, qui appose sa signature sur la fameuse charte.

Cependant, le directeur émet une réserve sur un point en particulier : la promesse d’accueillir en ses murs, dès 2018, plus de 40 % de sa population issue d’écoles primaires Isef. "Je ne vois pas comment on pourrait relever ce défi-là mais, pour le reste, je signe par conviction."

Malgré tout, Infor Jeunes se dit satisfait de cette action. "J’attends la mise en œuvre concrète sur le terrain afin que le public devienne hétérogène et que tout le monde se sente à l’aise sur le terrain. Malgré les intentions, le chemin à parcourir est encore long", conclut Chantal Massaer..