Bruxelles: un appel au boycott des Taxis verts

Pauline Deglume
Michel Pètre , administrateur délégué des Taxis Verts
Michel Pètre , administrateur délégué des Taxis Verts ©Alexis Haulot

La Febet appelle les taximen indépendants à quitter la centrale téléphonique.

Le climat est plus délétère que jamais dans le secteur des taxis bruxellois. Après avoir exclu la société Taxis verts du Front commun, la Fédération belge des Taxis (Febet) a lancé un appel au boycott contre cette centrale téléphonique à laquelle sont affiliés plus de 550 taxis. La Febet, qui accuse les Taxis verts d’avoir participé et collaboré à l’élaboration du Plan Taxi du ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA), appelle les chauffeurs à déposer définitivement les tablettes numériques, et ce dans un délai de trois mois.

Contacté par nos soins, l’administrateur-délégué des Taxis Verts dénonce cette campagne de dénigrement à l’égard de sa société. "Il n’y a rien d’illégal dans cet appel au boycott, mais ce n’est pas justifié. Ils n’arrêtent pas de répéter que nous sommes en faveur du Plan Taxi alors que ce n’est pas vrai. Notre position qui n’est pas connue de la plupart des exploitants et des chauffeurs est sans cesse déformée par une série de personnes. Nous sommes opposés au changement concernant les licences par exemple. Par contre, certains pans du Plan Taxi sont nécessaires car ils redonnent à l’autorité publique les moyens juridiques de faire respecter un vrai numerus clausus et de contrôler les plateformes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui", explique Michel Pêtre qui se dit prêt à mener une concertation avec le gouvernement bruxellois.

Défendre des intérêts cachés

Selon l’administrateur-délégué des Taxis verts, cet appel au boycott est, en réalité, une manœuvre servant à défendre des intérêts cachés. Même s’il n’en dit pas plus, le sous-entendu est clair. C’est à la société concurrente des Taxis bleus, qui fait toujours partie du Front commun des Taxis, que pourrait profiter le boycott.

"Comme les écuries sont évincées dans le Plan Taxi, elles veulent amenuiser les forces des Taxis verts et ramener des indépendants chez les Taxis bleus. Les gros exploitants veulent également mettre sur pied leur propre centrale pour se partager le nombre de voitures supplémentaires. Sous prétexte de défendre les chauffeurs salariés, les exploitants tentent en réalité juste de se repositionner par rapport au plan afin de pouvoir continuer à ligoter le secteur", analyse un taximan indépendant.

Sur sa page Facebook, la Fédération belge des Taxis annonce, en effet, la création d’une nouvelle plateforme de réservation : "Tous les centraux sont prêts à vous accueillir et une nouvelle centrale sera également opérationnelle prochainement."

Selon nos informations, l’appel au boycott de la Febet rencontrerait pour l’instant un succès très limité. Les tensions dans le secteur du taxi ne devraient pas faiblir dans les jours à venir avec l’audition prévue au Parlement bruxellois de plusieurs acteurs du transport rémunéré de personnes parmi lesquelles la Febet, Uber, Taxis verts, CarAsap ainsi que des chauffeurs salariés anonymes.