"Deux pythons achetés, le troisième offert": quand le Black Friday dérape

“Black Friday : – 20 % sur tous les animaux”. “Deux pythons achetés, le troisième offert!”. Voici deux offres étonnantes qu’on a pu voir sur les sites internets d’animaleries spécialisées de la région bruxelloise ce vendredi. Une promotion qui est loin de plaire à tout le monde.

"Deux pythons achetés, le troisième offert": quand le Black Friday dérape
©Reporters

“Solder un animal, c’est vraiment le considérer comme un objet de consommation. C’est en totale contradiction avec nos convictions. C’est vraiment une incitation à vendre n’importe quoi à n’importe qui pour n’importe quel prix. Ce genre d’annonce favorise les achats compulsifs, ce qui n’est jamais une bonne idée. Des personnes vont être tentées d’acheter des animaux sur un coup de tête et ne sauront pas quoi en faire quelques années plus tard. On est vraiment surpris devant cette manière de tenir un commerce. En plus, il ne s’agit pas de n’importe quels animaux. Les reptiles nécessitent des soins et des infrastructures spéciales. Il faut aussi savoir trouver un vétérinaire spécialisé en cas de besoin et savoir assumer le coût des soins…”, déplore Nadège Pineau, soigneuse à la Ligue Royale pour la Protection des Oiseaux, qui recueille chaque année plusieurs serpents abandonnés par leur propriétaire.

Des récriminations que dément Arnaud Feytis, propriétaire du magasin bruxellois Reptishop, qui a ouvert ses portes en janvier dernier. “ On fait très attention aux personnes qui viennent nous acheter des animaux. On ne vend pas à n’importe qui : généralement, ce sont des gens qui viennent au magasin depuis longtemps et qui sont vraiment des connaisseurs. D’ailleurs, on reste en contact très longtemps avec les acheteurs pour prendre des nouvelles des animaux. Pour nous, cette promotion est surtout un moyen d’attirer l’attention des gens sur notre magasin. D’ailleurs, on n’a encore vendu aucun reptile aujourd’hui”, explique-t-il.

Dès janvier prochain, ces pratiques commerciales seront interdites en Wallonie.

“Un animal est une responsabilité : il faut pouvoir assurer les différents soins. Acheter un animal ristourné n’est pas recommandé. On a souhaité que la législation évolue dans ce sens”, explique François Dubru, porte-parole du ministre wallon du Bien-être animal Carlo Di Antonio.