L'eau bruxelloise pointée du doigt pour sa teneur en plomb

Les raccordements en plomb laissent des traces du métal dans l’eau de la capitale

Qualité de l'eau : Trop de plomb dans l’eau bruxelloise
©FLEMAL JEAN-LUC

Les raccordements en plomb laissent des traces du métal dans l’eau de la capitale.

Bruxelles offre-t-elle une eau de qualité à ses habitants ? Oui, répondent Vivaqua et Céline Fremault (CDH), ministre de la Qualité de vie. Pas aussi bonne qu’elle le pourrait nuance David Weytsman (MR). Le député bruxellois vient d’interroger la ministre sur la présence de plomb dans les robinets de la capitale. Présent en trop grande quantité, il peut entraîner de graves troubles de la santé, variables selon les personnes. Si l’intoxication au plomb touche plus souvent les adultes que les enfants, lorsqu’ils sont touchés, ces derniers le sont plus gravement.

C’est sur une étude récente effectuée par les autorités flamandes que David Weytsman a basé son interpellation : “Elle a permis de détecter dans plusieurs bâtiments destinés à des enfants une eau impropre à la consommation.” L’eau produite par Vivaqua ne contient pas de plomb : ce sont surtout les conduites intérieures en plomb ou en matériaux contenant du plomb qui sont en cause, car elles laissent des traces du métal dans l’eau.

Une situation bien connue des pouvoirs publics puisque la Région, sous l’impulsion de Vivaqua, a lancé un programme de remplacement des raccordements en plomb en 2003. “Lors de la campagne d’éradication structurelle de 2003 à début 2009, environ 6 000 raccordements par an ont été remplacés”, explique Céline Fremault. Depuis la fin de la campagne, des cas résiduaires continuent d’être remplacés. En 2018, ce sont 373 branchements en plomb qui ont été enlevés, ce qui porte à 46 558 le nombre total de raccordements en plomb traités depuis le début du programme.

“C’est une bonne chose, surtout quand on sait que ceux des crèches et des écoles ont été traités en priorité”, se réjouit David Weytsman qui regrette le manque de précision du gouvernement quant aux raccordements subsistants. “Les pouvoirs publics n’ont aucune idée du nombre de branchements problématiques encore en place. Il est grand temps de les cartographier et de mettre les moyens pour les remplacer.”

De son côté, Céline Fremault rappelle que “selon les arrêtés bruxellois, une trentaine de contrôles doit être réalisée annuellement mais dans les faits et sur base volontaire, l’opérateur en a réalisé plus de 900 en 2018 vu l’importance sanitaire de ce paramètre via l’eau potable”.

Sur ces 900 contrôles, le taux de plomb était trop élevé dans 2 % des cas. Lorsque le dépassement est dû aux conduites en plomb dans le réseau intérieur du bâtiment, des conseils sont prodigués au propriétaire. Quand la norme est attribuée au branchement du bâtiment, des modifications sont faites sans délai par Vivaqua.