Bruxelles séduite par les pistes cyclables éclairées à l’énergie solaire

Mobilité Bruxelles Mobilité entamera une étude de faisabilité visant à implémenter ce dispositif innovant en zone naturelle.

Bruxelles séduite par les pistes cyclables éclairées à l’énergie solaire
A. F.

Mobilité Bruxelles Mobilité entamera une étude de faisabilité visant à implémenter ce dispositif innovant en zone naturelle.

Le gouvernement bruxellois PS, Ecolo, Défi, Groen, Open VLD, one.brussels met un point d’honneur à favoriser la pratique du vélo dans la capitale sous cette législature. Mais force est de constater que le développement des infrastructures dignes de ce nom fait encore trop souvent défaut. Une solution innovante visant à améliorer la visibilité des pistes cyclables serait de concrétiser des pistes cyclables dites "rétroéclairées", qui se rechargent grâce à l’énergie solaire. En termes d’écologie, plus besoin donc de lampadaires aux abords des infrastructures cyclables.

Ce type de dispositif existe déjà en Pologne, près de la ville de Lidzbark Warminski. Ainsi, depuis octobre 2016, une piste cyclable rétroéclairée par l’énergie solaire a vu le jour sur un tronçon de 200 mètres de long. Ce projet est rendu possible grâce au revêtement du sol constitué de particules luminescentes capables d’absorber la lumière du soleil. Le matériau utilisé pour la piste diffuse de la lumière pendant plus de dix heures, ce qui permet d’éclairer un tronçon durant toute la nuit.

Une piste rétroéclairée existe également aux Pays-Bas. La piste cyclable est de couleur verte, inspirée par le tableau La Nuit étoilée de Vincent Van Gogh.

Mais est-ce que ce genre de piste cyclable innovante est transposable à la réalité bruxelloise ? C’est ce qu’a voulu savoir la députée Aurélie Czekalski (MR), qui a interpellé la ministre de la Mobilité Elke Van Den Brandt (Groen) en commission mobilité du Parlement bruxellois la semaine dernière. "Si cela fonctionne à l’étranger, pourquoi ne pas tester ce genre de dispositif chez nous et ensuite en tirer les conclusions nécessaires ?"

Dans sa réponse, la ministre a expliqué que ce genre de piste cyclable peut être envisagé mais uniquement dans des endroits qui ne peuvent être éclairés de manière classique.

"Bruxelles Mobilité ne trouve pas souhaitable d’utiliser les pistes cyclables rétroéclairées en agglomération et se concentre surtout sur la matérialisation des pistes cyclables. Par contre, une piste cyclable rétroéclairée peut aider à guider des cyclistes dans des endroits qui ne peuvent pas être éclairés, comme des zones naturelles. Dès le prochain projet d’une piste cyclable à rénover dans une telle zone, Bruxelles Mobilité entamera une étude de faisabilité", explique la ministre. "Lors de la réalisation des projets de réaménagement de l’espace public, les référents en matière d’éclairage se trouvant à la Direction Entretien, il leur appartient de réaliser des études de faisabilité pour alimenter et adapter le plan lumière de la Région. Les directives claires seront transmises au service Construction pour être intégrées comme balises dans les projets."

Pas de budget spécifique pour les nouvelles technologies

Par ailleurs, il n’existe actuellement pas de budget spécifique à Bruxelles Mobilité pour des nouvelles technologies. "Après des projets tests concluants d’une nouvelle technologie, celle-ci est directement intégrée dans les contrats cadres de la Direction Entretien", fait encore savoir Elke Van Den Brandt.

En revanche, si les pistes cyclables sont rétroéclairées, certes le marquage de la piste en devient visible sans éclairage mais cela ne garantit pas la sécurité car les obstacles présents sur la piste ne sont, eux, pas illuminés. Dans tous les cas de figure, le rétroéclairage ne supprimera pas les obligations légales en termes d’éclairage. "Des pistes cyclables sont souvent en bordure de voirie, et l’éclairage englobe souvent le trottoir également et ceci, pour des questions de sécurisation piétonne, sécurité routière et de la personne, particulièrement pour les femmes dont le sentiment de sécurité dans l’obscurité est un frein aux déplacements actifs", conclut la ministre.