Tribunal correctionnel de Bruxelles : Des policiers risquent de 10 à 18 mois de prison pour une arrestation présumée violente

Deux inspecteurs de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles ont comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles en raison de l'interpellation présumée brutale d'un jeune homme en février 2018

Tribunal correctionnel de Bruxelles : Des policiers risquent de 10 à 18 mois de prison pour une arrestation présumée violente
©DEMOULIN BERNARD
Belga

L'un des deux policiers est également poursuivi pour avoir écrit un faux rapport chargeant le jeune homme pour vandalisme.

Le jeune homme avait été interpellé au début du mois de février 2018 pour un vol avec violence. Sur les images de vidéosurveillance du commissariat, on voit une inspectrice réveiller le jeune homme dans sa cellule et tirer son matelas sur le sol. On la voit également le pousser en l'emmenant vers le local où sont relevées les empreintes digitales. Une fois dans ce local, le deuxième inspecteur pousse aussi à plusieurs reprises le jeune homme et le frappe, tandis que l'inspectrice lui assène une gifle.

"Selon les policiers, le jeune homme se montrait agressif verbalement et physiquement mais ce n'est pas ce que les images montrent", a relevé le parquet. "On le voit justement rester passif alors que des agents de police le malmènent. L'inspectrice a en outre livré une fausse déclaration concernant des dégâts infligés à l'appareil de relevé d'empreintes."

Le ministère public a donc requis 18 mois de prison à l'encontre de l'inspectrice et 10 mois à l'encontre de son collègue.

De son côté, la défense soutient que des faits de vandalisme ont bien été commis et que les deux inspecteurs ont fait un usage proportionné de la force afin de maîtriser le jeune homme. Elle a plaidé l'acquittement. "Ce que l'on ne voit pas sur les images, ce sont les multiples coups de pied que le jeune homme a administré aux policiers", affirme-t-elle. "Il s'est également montré injurieux et agressif pendant tout ce temps. Les agents ont réagi à son comportement et on utilisé la force et la violence correspondant à ce comportement", estime la défense.

Le tribunal rendra son jugement le 1er avril.

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