Le bois de la Cambre pris d'assaut: "Au début, on avait peur du Covid, maintenant on a peur des amendes"

En ce mardi après-midi ensoleillé, la foule commençait à affluer au Bois de la Cambre.

Ciel bleu azur, soleil radieux, musique, apéro et terrains de sport improvisés: le parc du Bois de la Cambre, à Bruxelles, avait des allures d'été, ce mardi après-midi.

Aux alentours de 15h, les pelouses bordant le lac central étaient déjà envahies par des groupes d'amis, des jeunes pour la plupart, venus profiter de la météo clémente. "Il fait beau, et la semaine prochaine c'est déjà fini, alors on en profite", explique une jeune étudiante assise en cercle avec une petite dizaine de copines, bière à la main. Si le masque n'est pas de mise, les jeunes essaient tout de même de respecter la distanciation: "On s'est séparées en deux petits groupes distincts plutôt qu'un gros groupe, comme nous l'a demandé la police", expliquent les jeunes femmes, qui admettent toutefois ne plus vraiment craindre le coronavirus. "Au début, on avait peur du Covid. Mais maintenant, on a surtout peur des amendes", sourit l'une d'elles.

Si les jeunes sont présents en masse, quelques familles ont également fait le déplacement: "Les enfants ne vont plus à l'école, alors il faut bien les occuper", détaille Manar, venue partager un pique-nique avec ses sœurs. "On vient ici presque toutes les semaines, mais c'est la première fois qu'on voit autant de monde", précise-t-elle, avant d'ajouter qu'elle se sent en sécurité grâce à la distance qui les sépare des autres groupes.

Le bois de la Cambre pris d'assaut: "Au début, on avait peur du Covid, maintenant on a peur des amendes"
©FLEMAL JEAN-LUC


Couché dans l'herbe à l'abri du soleil, aux côtés de sa fille, Carlos partage le même constat: "Ma femme travaille, donc je m'occupe de ma fille aujourd'hui, et on en est venus ici plutôt que de rester enfermés à la maison".

Joindre l'utile à l'agréable

A quelques mètres de là, assis sur un tronc d'arbre, quatre étudiants de l'ULB sont rassemblés autour d'un ordinateur. "On est venus réaliser notre travail de groupe ici plutôt que chez l'un d'entre nous, comme ça on respecte les mesures sanitaires et, en plus, on profite du beau temps!", explique cet étudiant de Solvay.

 

De son côté, Goran, qui tient un food truck juste à côté de l'embarcadère menant au Chalet Robinson, espère que la météo estivale attirera les clients: "D'habitude, on est seulement ouverts le week-end, mais au vu du temps annoncé, on a décidé d'ouvrir toute la semaine", précise-t-il. "Mais jusqu'ici, le bilan est assez mitigé. Avec la fermeture des bars et des restos, les gens ont anticipé et amènent plutôt leurs propres consommations", déplore le restaurateur.

La police sur le qui-vive

Si la météo clémente ravit les Bruxellois, elle enchante moins la police, qui doit redoubler de vigilance. "Pour le moment, l'affluence n'est pas encore trop importante, mais on redoute la soirée et surtout la fin de semaine", nous confie un membre de la police d'Ixelles. Une douzaine de policiers, souvent en binôme, sillonnent le parc tantôt à vélo, tantôt à pied, en ordonnant aux grands groupes de se disperser et en rappelant les règles sanitaires. 

Le bois de la Cambre pris d'assaut: "Au début, on avait peur du Covid, maintenant on a peur des amendes"
©FLEMAL JEAN-LUC



"On nous a demandé d'être coopératif", explique encore ce policier. "On essaie de toucher l'émotionnel des gens. On leur explique que les mesures doivent être respectées, pour telles ou telles raisons, et la plupart du temps, ça marche. Après, une fois que l'on a le dos tourné, c'est autre chose", poursuit-il, un brin ironique.

Le bois de la Cambre pris d'assaut: "Au début, on avait peur du Covid, maintenant on a peur des amendes"
©FLEMAL JEAN-LUC

L'annonce de "La Boum", ce faux festival censé être organisé au Bois de la Cambre ce jeudi, inquiète particulièrement la police. "On sait que c'est une blague, mais nos agents seront tout de même déployés", explique le policier ixellois. "Nous patrouillerons dans une ambiance familiale, en espérant ne pas devoir faire appel aux grands moyens", avertit-il.

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