Les riverains de l’agora space sont à bout : "C’est très difficile de vivre ici"

Sven et Sonja Breynaert ne supportent plus la proximité de l’agora space.

Riverains
© © Bernard Demoulin
Jennifer Bodereau

"C’est très difficile de vivre ici", déplore Sven Breynaert. Cela fait seize ans que Sven et sa femme Sonja vivent dans le Clos des Tarins à Ganshoren. Depuis l’ouverture d’une agora space dans le terrain vague au bout de leur jardin au mois de janvier dernier, ce couple de danseurs vit un véritable cauchemar. Ils appellent la police au moins une fois par jour. "Tous les jours, il y a une dizaine de jeunes qui jouent au foot et quarante autour qui ne jouent pas, raconte Sven Breynaert. Ils font les supporters comme si c’était Anderlecht sur le terrain. Ils montent sur les cages des buts, crient, etc. Ils ne respectent pas les mesures sanitaires mais il y a surtout un problème de bruit. Nous ne pouvons pas nous mettre sur la terrasse car elle est visible et on ne peut pas être tranquilles."

Mise en demeure

Avec leurs voisins des cinq maisons qui possèdent un vis-à-vis direct avec le terrain multisport, le couple Breynaert a décidé de faire appel à un avocat. "Il a mis en demeure la commune il y a quelques semaines. Je viens de renvoyer un e-mail. Nous demandons la fermeture et le déplacement du terrain. Quand les policiers viennent nous voir. ils reconnaissent que l’emplacement de cette agora space a été mal choisi. Que c’est honteux."

Des nuisances

Il y a quelques jours, Sven, sa femme et leurs voisins ont filmé les jeunes "pour appuyer notre dossier au tribunal". "Quand ils s’en sont rendu compte, ils nous ont insultés et jeté des pierres. Une fenêtre a été cassée. La police nous dit de garder nos volets fermés et de ne pas aller sur notre terrasse." Ces nuisances poussent Sven et Sonja à quitter leur maison, qui appartenait au grand-père de Sonja. "Nous avons acheté une maison en Flandre mais, le temps de la rénovation, nous devons rester encore ici un an. Et nous aimerions pouvoir la louer mais on nous a dit qu’avec la proximité du terrain, cela serait compliqué. Nos voisins, eux, restent vivre ici." Craignant les nuisances, Sven et Sonja se sont opposés à cette structure sportive depuis le début du projet. Avec leurs voisins, ils avaient récolté 450 signatures dans une pétition contre la construction d’un terrain omnisports, en septembre l’année dernière. "On nous avait promis qu’il n’y aurait pas de nuisances sonores et que le site serait fermé à certaines heures. Mais rien de tout cela n’a été respecté. Et encore, en ce moment, il y a les restrictions sanitaires et le couvre-feu mais quand tout sera levé, cela sera pire". Du côté de la commune, le bourgmestre annonce s’emparer du dossier cette semaine mais ne souhaite pas communiquer pour le moment.