A Bruxelles, Beliris jette deux nouveaux ponts entre les rives du canal

Après le pont Suzanne Daniel il y a un mois, c'est une passerelle qui a été posée ce matin à hauteur de la Porte de Ninove. Dimanche, une seconde passerelle sera posée à hauteur de la station Comte de Flandre. Reportage.

A Bruxelles, Beliris jette deux nouveaux ponts entre les rives du canal
©GUILLAUME JC

Impressionnant. C'est le mot qui est le plus revenu ce samedi matin sur les rives du canal. Malgré la bruine et la grisaille, de nombreux Bruxellois(es) ont assisté, impressioné(e)s, à la pose d'une passerelle cyclo-piétonne à hauteur du Mima et de la Porte de Ninove. "Je ne savais pas que l'installation était prévue aujourd'hui mais ça valait la peine que je m'arrête pour prendre une photo ! C'est la première fois que je vois un truc pareil, raconte Farid alors que la passerelle flotte au-dessus du canal à l'aide de grues. Plus il y aura de ponts, mieux ce sera parce que les gens délaissent de plus en plus la voiture pour aller marcher."

Quelques mètres plus loin, Jean-Jacques ne voulait pas rater ça. "Personnellement, ça ne me dérange pas de me promener le long du canal vers les ponts existants mais j'ai travaillé là dedans dans ma jeunesse donc je voulais être là. Je suis impressionné par les nouvelles technologies, ce n'était pas comme ça il y a quarante ans ! A mon époque, on avait besoin d'échafaudages."

Et pour cause, la passerelle mesure 38 mètres de long et 7 de large. Sur le chantier, les deux cheffes de projet, Perrine Bertin de chez Beliris et Evelien Pieters de chez Aelterman, veillent au grain. "Elle n'est pas très droite. Attention aux doigts, hein !", lance l'une tandis que l'autre rejoint ses hommes pour leur filer un coup de main. Avant de poser la passerelle sur le sol, une demi-douzaine d'ouvrier s'attèlent à y fixer des appuis. La manœuvre est délicate car l'infrastructure bouge et, si elle tombe, peut faire des dégâts. Pour leurs doigts mais aussi pour la tête de certains, qui sont passés sous la passerelle. 

Une vingtaine de minutes plus tard, les appuis sont fixés. "Là, ils s'occupent des derniers petits réglages pour bien la caler tout doucement des deux côtés. La passerelle est made in Belgium et pèse 160 tonnes. C'est assez léger, bien plus que le pont Suzanne Daniel, mais c'est trop lourd pour la faire reposer sur les quais. C'est donc une structure en béton qui la soutient, explique Marianne Hiernaux, porte-parole de Beliris. Pour ce qui est de la météo, elle n'est pas au rendez-vous mais la pluie, ça va. C'est surtout le vent qui est problématique : si les rafales dépassent les 10 km/h, on est obligé de tout arrêter." 

Alors qu'une joggeuse s'arrête pour immortaliser l'instant, une cycliste pose le pied à terre pour observer la scène. "Je ne comprenais pas ce qui se passait, explique-t-elle. Je me demande si ce sera assez sécurisé pour qu'on puisse passer sans souci mais c'est une très bonne chose pour les vélos !" Enfants, adolescents, adultes et grands-parents : tous les passants semblent captivés, au moins le temps d'un instant. "J'habite à côté, j'allais faire mes courses mais il fallait que je m'arrête ! C'est comme un grand mécano, estime Bruno en montrant la grue. Ca permettra aux cyclistes de ne plus prendre le pont Porte de Ninove avec les voitures, c'est une bonne chose de scinder le trafic."

Installée, la passerelle Mima sera rejointe dimanche matin par une seconde passerelle à hauteur de la station de métro Comte de Flandre. Celle-ci mesure 30 mètres de long et 6,15 de marge, pour 87 tonnes. Les deux ponts cyclo-piétons ne seront cependant pas accessibles avant début septembre. D'ici là, Beliris, qui a investi 3,5 millions d'euros pour les deux passerelles, devra sécuriser ces dernières et y ajouter de l'éclairage. Choisis par le Mima, les artistes liégeois Mon colonel et Spit décoreront la première passerelle. "On est super attachés à Bruxelles et à l'idée de redonner vie au quartier. On va représenter deux anguilles, qui sont des poissons migratoires, l'une qui entre et l'autre qui sort du canal. A l'intérieur, l'idée est de rappeler qu'il n'y a pas que les anguilles qui retournent à la mer, mais aussi de nombreux déchets, et qu'il faut donc protéger le canal."

Sur le même sujet