Risque de glissement de terrain à Saint-Gilles, des riverains évacués : "C'est une catastrophe"

Risque de glissement de terrain à Saint-Gilles, des riverains évacués : "C'est une catastrophe"
©GUILLAUME JC

Alors que les terrasses saint-gilloises sont animées par des riverains profitant du retour du soleil en ce dimanche matin, un Bruxellois dépose une série de livres sur le trottoir de la rue d'Albanie. Le dispositif ressemble à celui d'une brocante mais les petites flaques d'eau qui se forment sous les bouquins dénotent. Et pour cause, loin de tenter de s'en débarrasser, il essaie tant bien que mal de récupérer un maximum d'objets. Vendredi après-midi, suite à l'orage qui a frappé la capitale, la chambre de sa fille Daphné a été complètement inondée. "J'attendais mes retours d'examen quand ma coloc m'a appelée pour me dire de rentrer au plus vite. Avec le courant, tous mes meubles sont tombés, mon lit a flotté, explique l'étudiante", appareil photo autour du cou pour documenter les dégâts, visibles dès les premières marches de l'escalier.

Risque de glissement de terrain à Saint-Gilles, des riverains évacués : "C'est une catastrophe"
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Bibliothèque renversée, guitare amochée, papiers prenant l'eau par terre : "On ne s'attend pas à ça !", lance d'emblée sa mère, armée de bottes et de gants. "J'ai pas encore trop regardé la guitare, pas vraiment envie. Mes autres guitares ont été sauvées par mes colocs, ce que j'ai beaucoup apprécié", relativise Daphné, encore sous le choc. "Ce livre, tu le gardes ou pas ? Cette veste, on peut essayer de la laver mais je pense que l'odeur restera, l'interpelle sa mère. Je suis désolée, j'essaie de jeter le moins possible mais c'est compliqué." Certains bacs de vêtements ont flotté. "J'ai peut-être encore des pantalons", rigole l'étudiante. "C'est fou, l'eau est montée jusque là", s'exclame sa mère en montrant une marque noire sur le mur blanc, à plus d'un mètre du sol.

Risque de glissement de terrain à Saint-Gilles, des riverains évacués : "C'est une catastrophe"
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"Quand je suis rentrée de mon examen, ça avait déjà bien descendu, c'était à vingt centimètres. Mais la proprio ne veut plus louer la cave parce que c'est la deuxième fois que ça arrive. La première fois c'était beaucoup plus mignon. C'était en novembre, le jour de l'anniversaire d'un de mes colocs. Et samedi c'était l'anniversaire d'un autre coloc, du coup, on arrête les anniversaires ! J'ai appelé mon assurance incendie, on va constituer un dossier avec toutes les pertes et eux vont sûrement se retourner contre Vivaqua parce qu'il n'y a jamais eu d'inondation ici. C'est seulement depuis leurs travaux, qui ont duré huit mois, que l'eau arrive facilement."

En face, plusieurs maisons ont dû être évacuées. Une cinquantaine de personnes ont été relogées, chez des proches ou à l'hôtel, par la commune. Devant l'une des façades,  un homme prend des photos. "Je voulais constater les dégâts à l'intérieur mais le mot sur la porte indique inhabitable. Heureusement, il y a des coordonnées, on peut téléphoner dès lundi. Il y avait de l'eau jusqu'au plafond. Il faudra refaire toute l'électricité, les meubles et la chaudière sont foutus. Un plafond s'est effondré, c'est une catastrophe."

Risque de glissement de terrain à Saint-Gilles, des riverains évacués : "C'est une catastrophe"
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L'effondrement au rez-de-chaussée de la maison ainsi que des fissures dans les murs de plusieurs autres ont été signalés par un appel passé aux secours vendredi vers 16h30. Il n'y a pas eu de blessé mais, dans l'attente du contrôle en stabilité des bâtiments, une cinquantaine d'habitants ont été relogés ailleurs. "L'effondrement et les fissures semblent être dus à une fuite d'eau sur du long terme, mais l'inondation causée par les intempéries a peut-être précipité les choses", a commenté le porte-parole des pompiers Walter Derieuw, précisant qu'il s'agit d'hypothèses fondées sur les premières constatations, mais que la cause du problème de stabilité doit encore être déterminée par des études.

De nombreux riverains remettent cependant en cause les travaux effectués dans la rue par Vivaqua. "Ce n'est pas la première fuite d'eau mais avant les travaux, il n'y avait pas ce genre de problème. Des intempéries ont eu lieu en septembre, il n'y a rien eu."  

De son côté, la société de distribution d'eau assure que les problèmes rencontrés par les riverains sont uniquement dus aux fortes pluies de vendredi. "Il y a déjà eu un problème en octobre lors du chantier pendant lequel on a mis en place un égout plus profond et remplacé les raccordements défectueux. Le dispositif de remplacement installé entre-temps n'a pas suffit lors d'un gros orage mais c'était un problème ponctuel que les assurances ont pris en charge", explique Marie-Eve Deltenre, porte-parole de Vivaqua.