Les Journées du patrimoine rebaptisées Heritage Days en Région bruxelloise

À Bruxelles, le mot "héritage" a remplacé le terme "patrimoine". "Un nouveau nom pour une nouvelle dynamique, plus inclusive et élargie".

Les Journées du patrimoine rebaptisées Heritage Days en Région bruxelloise
© JC Guillaume
Masquelier Romain

Ne dites plus "Journées du patrimoine", mais dites désormais "Heritage Days". Dès cette édition 2021, le mot patrimoine est banni du titre de cet événement, prévu à Bruxelles les 18 et 19 septembre. "Un nouveau nom pour une nouvelle dynamique, plus inclusive et élargie", souligne dans un communiqué Pascal Smet (Vooruit), secrétaire d'État bruxellois en charge de l'Urbanisme et du Patrimoine.

Le cabinet nous indique que, outre les raisons étymologiques, le terme "héritage" est également privilégié à celui de patrimoine car "il fait davantage référence à l'immatériel". En néerlandais, l'appellation "Open Monumentendag" est également remplacée par "Heritage Days". Un recours à l'anglais qui a notamment fait réagir la députée bruxelloise Cieltje Van Achter (N-VA). "C'est une politique délibérée de ce gouvernement d'angliciser tout", indique la parlementaire à nos confrères de Bruzz.

De son côté, la coorganisatrice des Journées du matrimoine Apolline Vranken applaudit le geste. "Le langage a une portée symbolique importante qu'on ne doit pas sous-estimer." Elle précise que "changer de nom ne suffit pas", et se réjouit de l'ouverture des autorités bruxelloises qui ont mis cette année en place une biprogrammation et intègrent les Journées du matrimoine dans la brochure. Le cabinet Smet rappelle, lui, qu'"Urban a toujours financé les Journées du matrimoine".

Mais une fois le mot patrimoine jeté aux orties, le terme matrimoine a-t-il encore une raison d'être ? "Oui, bien sûr, répond Apolline Vranken. Parler de matrimoine permet d'identifier le problème. Mais il faut aussi aller plus loin, amplifier la diversité, et donc aussi intégrer la communauté LGBT, les personnes issues des minorités, etc."

Les "Heritage Days" auront cette année pour thème "Meeting points" (encore un mot en anglais diront certains…), à savoir les parcs, marchés, cafés, restaurants, cercles littéraires, salles de bal ou de fêtes, théâtres, etc., mais aussi les parloirs, les salles de guichets, les salles de conseils d'administration, de réunion, les salons privés ou de réception, de même que les lieux de mobilisation collective, devenus emblématiques. "Le Covid nous a tenus trop longtemps éloignés des meeting points emblématiques, du plaisir de s'y retrouver et d'y fêter ces retrouvailles. Il nous est donc apparu essentiel de mettre ces lieux sur le devant de la scène pour ces Heritage Days", commente Pascal Smet.

Comme l’année précédente, la réservation sera obligatoire pour participer aux visites. La brochure de présentation sera disponible dès le 23 août, et les réservations débuteront dès septembre. La troisième édition des Journées du matrimoine se déroulera quant à elle du 24 au 26 septembre.