Le bar El Café à Ixelles réagit aux accusations de viols

L'établissement qui emploie le barman soupçonné d'avoir violé plusieurs filles planche sur une série de dispositifs visant à éviter des violences sexuelles à l'avenir, comme des protèges-verres et des tests antidrogue dans l'établissement.

Le bar El Café à Ixelles réagit aux accusations de viols
©Ennio C.
Arnaud Farr (avec Belga)

Une nouvelle marche contre les violences sexuelles a été organisée ce jeudi, en marge du conseil communal d'Ixelles. C'est la seconde fois que pareille mobilisation est organisée depuis que des témoignages affluent sur les réseaux sociaux faisant état de viols dans des établissements festifs de la capitale.

Un barman qui travaille au Waff et au El Café, au cimetière d'Ixelles, fait l'objet de plusieurs plaintes. Dans la tourmente, le El Café a décidé de communiquer ce vendredi pour affirmer son "soutien total aux victimes."

"Nous comprenons et partageons les sentiments de révolte et de colère suscités par les actes d'agressions sexuelles relatés sur les réseaux que nous condamnons fermement. Suite à la nouvelle manifestation qui a eu lieu ce jeudi, nous tenons à rappeler notre soutien total aux victimes. Différentes propositions au bourgmestre ont été faites à notre initiative afin de prévenir ces comportements. Nous sommes actuellement en train de contacter les différentes organisations des manifestations afin de se concerter sur des mesures constructives à mettre en place et ce, dans un climat serein", explique la direction dans un communiqué. "Nous rappelons que l'employé mis en cause a été immédiatement écarté et si ce qui lui est reproché est avéré, nous nous porterons partie civile et espérons qu'une condamnation exemplaire soit appliquée. Nous n'avons jamais été et ne serons jamais complices d'actes de violences faites aux femmes."

L'établissement dément toutefois que le barman soupçonné de viols a été transféré du Waff au El Café. "Là où beaucoup nous ont reproché d'avoir transféré le barman d'un bar à l'autre, ce n'était en rien lié à une volonté de cacher des faits dont nous aurions eu connaissances mais bien en lien avec le fait que l'employé travaillait pour les deux établissements. Comme l'a mentionné le bourgmestre d'Ixelles, les plaintes envers un employé d'un établissement ne sont pas accessibles jusqu'à la fin de l'instruction. A aucun moment, nous n'avions été informés par la police d'une enquête en cours. Après de nombreuses heures de discussion avec toute l'équipe, nous souhaitions honorer celles qui ont eu la force et le courage de témoigner en devenant un bar exemplaire, au sein duquel toute personne devra se sentir en totale et légitime sécurité", précise la direction. "Nous pensons en effet que si la haine dont nos établissements font l'objet concernant les violences faites aux femmes peut aider à conscientiser sur ces comportements inadmissibles, ce sera un désastre pour un mieux."

Les témoignages de ces dernières semaines ont mis en lumière que ce phénomène est global dans le secteur du monde de la nuit et qu’il est indispensable que des actions soient mises en place dans les plus brefs délais.

Selon le El Café, plusieurs initiatives sont analysée afin de remédier à la situation, comme des protèges-verre pour éviter de se faire droguer à son insu, des caméras de surveillance sur l’espace 'préparation' du bar, des formations du personnel en continu sur la gestion de ce genre de situation, des concertations collectives avec les établissements de nuit, les victimes et les autorités compétentes afin d’aider au mieux les victimes, des tests antidrogues dans les établissements ainsi que des communications claires dans les établissements.

"N'hésitez pas à vous joindre à nous en nous communiquant vos idées et suggestions pour un monde où les femmes peuvent danser sans danger !", conclut la direction du El Café.

De son côté, le bourgmestre d'Ixelles Christos Doulkeridis a annoncé, lors du conseil communal jeudi soir, sa volonté de mettre en place des mesures concrètes, telles qu'un "diagnostic" du vécu des femmes dans le milieu de la nuit en collaboration avec le secteur associatif féministe, compétent en la matière.

"Ce diagnostic permettra d'identifier des actions concrètes contraignantes, que j'espère pouvoir mettre en œuvre avec la pleine collaboration des établissements ixellois", a-t-il indiqué.