Alain Maron : "Bruxelles peut supporter la conversion de 130 000 voitures à l'électrique"

250 nouvelles stations de recharges seront installées l’an prochain.

Bruxelles - Alain Maron (Ecolo) - Ministre du gouvernement de la region de Bruxelles-Capitale, en charge de la transition climatique - de l' environnement, de l'energie et de la democratie participative - Membre du Collège de la Commission communautaire
©JC Guillaume

250 stations de recharge (soit 500 bornes dont 30 réservées aux services de voitures partagées) vont être installées sur le territoire régional bruxellois l'année prochaine. "C'est autant en un an que sur les trois années précédentes", se réjouit le ministre bruxellois de l'Environnement Alain Maron (Ecolo), qui a récupéré la gestion du dossier à Elke Van den Brandt. À ceci, il faut ajouter 115 autres stations datant du contrat 'Pitpoint' signé sous l'ancienne législature avec TotalEnergie. Désormais, c'est Sibelga - en collaboration avec Bruxelles Environnement, Bruxelles Mobilité et le cabinet Maron - qui pilote le déploiement des bornes de rechange pour voitures électriques sur le territoire bruxellois. Pour mémoire, le gouvernement bruxellois en a promis 11 000 (au total, pas toutes en surfaces) pour 2035. Actuellement, il y en a environ mille. Près du double à la fin 2022.

Ou seront installées ces bornes ?

Ces 250 nouvelles stations de recharge seront disponibles sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Chaque borne prendra une place de parking. À terme, il sera fait en sorte que chaque Bruxellois puisse disposer d’une borne à maximum 250 mètres de chez lui. Il est bien évident que le besoin de bornes publiques sera plus fort dans les milieux fortement urbanisés que dans les quartiers résidentiels riches en maisons quatre façades.

Combien de temps pour recharger sa voiture ?

Avec des bornes de 7,4 kw, il faudra entre trente minutes et une heure pour recharger 20 kilomètres, soit un trajet quotidien pour un Bruxellois, a estimé Sibelga. Tandis qu’une voiture est totalement rechargée en une nuit. Des bornes de recharge rapides (11 kw - où le prix ‘à la borne’ sera plus élevé, donc) seront également installées dans les zones à forte rotation, telles que les centres commerciaux.

Comment payer ?

Pas de cash évidemment. Chaque borne sera équipée d’un moyen de paiement indépendant de tout abonnement, au minimum un QRCode, au mieux un lecteur de carte de banque. Le prestataire proposera au moins 17 solutions de paiement par abonnement.

Comment éviter le parking sauvage ?

Le prestataire transmettra les informations de ces bornes au CIRB, qui les transmettra à Parking. brussels qui assurera le contrôle du bon usage de la place de parking/borne de recharge via les scancars. Elles seront en effet capables d’identifier si la borne contrôlée est en charge ou pas. Les communes qui gèrent elles-mêmes leur stationnement devront assurer le contrôle des stations de recharge.

Quid des navetteurs électriques ?

Bruxelles aménage son parc de bornes pour les Bruxellois, pas pour les navetteurs. Or, à partir de 2026, le parc de voitures de société sera entièrement électrifié. Ces navetteurs électriques utiliseront très majoritairement les bornes mises à disposition par leurs entreprises, estiment les autorités bruxelloises. Quand bien même, les Bruxellois utiliseront surtout les bornes publiques en soirée, les navetteurs en journée. C’est en tout cas ce que prévoit Sibelga.

À quel rythme les bornes vont-elles être installées sur le territoire régional ?

Régulièrement, l'opposition s'insurge contre le faible nombre de bornes de recharge à Bruxelles. En réalité, il y en a actuellement environ mille pour à peine à peine 3 000 véhicules électriques immatriculés à Bruxelles (2 751 au mois d'août 202). À l'horizon 2035, 11 000 bornes seront installées, pas toutes en surface. Soit 22 000 points de charge au total. Sibelga a lancé son premier appel d'offres en septembre, pour 250 bornes (500 points de charge). "Nous allons accélérer l'installation des bornes", assure Alain Maron. "Mais nous devons d'abord analyser les besoins. Cela ne sert à rien d'en installer trop, trop vite. Elles ne seront pas rentables. Nous travaillons avec la VUB pour analyser les besoins précis. Sur cette base, nous déterminerons le nombre de bornes à installer d'année en année. L'objectif est d'anticiper la demande".

Combien de bornes en surface, combien dans les entreprises, les parkings de supermarchés, etc.

Pour l’heure, on n’a aucune vue sur le nombre exact de bornes nécessaires en surface. Bruxelles Environnement organise des workshops sectoriels afin d’analyser les besoins de chaque secteur d’activité afin d’analyser besoins et prévisions de chaque secteur.

Comment réguler le prix d’un "plein électrique" ?

Rien ne le permet, c'est la loi du marché. Néanmoins, "nous n'avons pas de signaux d'alerte particuliers sur le fait que le prix de l'électricité aux bornes de recharge décrocherait par rapport au prix de l'électricité en général", assure Alain Maron. Plusieurs outils sont mis en place pour influer autant que soit peu une éventuelle augmentation du prix. Primo, le cahier des charges prévoit un prix plafond, fixé à 0,50 cent du kw/h. C'est largement au-dessus des prix actuels, entre 28 et 35 cents du km/h mais cela signifie que le prix ne pourra jamais aller au dessus malgré les révisions selon l'inflation. Sibelga a également fait le choix de bornes de recharge normal (7,4 ou 11 kw), moins cher que des bornes rapides. "Plus la charge est rapide, plus l'installation coûte cher, plus le tarif est élevé", explique Sibelga. Secundo, les acteurs sont nombreux. Donc la concurrence sera rude, donc les prix ne devraient pas tirer vers le haut

Bruxelles a-t-elle la capacité d’absorber cette hausse de consommation d’électricité ?

Cette semaine en commission Mobilité, le MR se posait la question de la capacité de la Région bruxelloise à assurer la hausse de la demande en électricité. Sibelga et Alain Maron l'assurent : le réseau électrique bruxellois "est tout à fait en mesure de supporter la conversion à l'électrique de 20 à 30 % du parc automobile, soit entre 120 000 et 130 000 véhicules, sans aucun besoin d'investissement extraordinaire". Ils se basent sur l'étude Baringa menée par la Fédération des gestionnaires de réseaux belges (Synergrid). Qui confirme notamment que le réseau est tout à fait en mesure de supporter la conversion de 20 à 30% du parc automobile envisagé à Bruxelles à l'horizon 2030, ce sans rupture dans la politique d'investissements actuelle.

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