Manifestation anti-mesures sanitaires à Bruxelles: 44 arrestations et 3 policiers blessés, la situation désormais "normalisée"

Environ 35.000 personnes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, se sont rassemblées dimanche à 13h00 devant la gare du Nord de Bruxelles pour la manifestation intitulée "Ensemble pour la liberté".

Sébastien Ponciau (avec AFP et Belga)

Les participants veulent avant tout protester contre le pass sanitaire, qu'ils estiment être un facteur de division dans la société. Le cortège s'est mis en route dès 13h25 au lieu de 14h00, vu le monde présent. La police ne dispose pas encore d'une estimation précise mais elle pense, comme les organisateurs, que des milliers de personnes se sont mobilisées. Peu de personnes portent un masque. Beaucoup sont venues protester simplement, sans pancarte.

A 14h45, un incident était à déplorer: " Nous avons du faire intervenir un véhicule arroseur. Des manifestants voulaient continuer tout droit sur l'Avenue des Arts au lieu d'utiliser l'itinéraire autorisé vie la rue Joseph II. Il y a eu des feux d'artifice ", détaille Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixellles.

Dans cet affrontement, plusieurs manifestants portaient des cagoules et brandissaient des drapeaux nationalistes flamands. La police est également intervenue à coups de gaz lacrymogène.

A 15h15, aucune arrestation administrative n'était enregistrée.

15h30: La situation dégénère

En fin d'après-midi, la manifestation a progressivement dégénéré. Selon les premières informations, des feux d'artifice auraient été tirés en direction des forces de l'ordre. Plusieurs agents seraient ainsi blessés. Selon des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, des véhicules de police auraient également été endommagés par des casseurs.

Plusieurs vidéos font état de véritables scènes de chaos dans le quartier européen.

15h45: Une manifestation autorisée

La manifestation a fait l'objet d'une autorisation par la Ville de Bruxelles, a indiqué la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de keere. Un parcours a été défini avec les forces de l'ordre jusqu'à la petite rue de la Loi, au coeur des institutions européennes à Bruxelles. Un podium a été mis en place à l'arrivée pour que des discours puissent avoir lieu. La dislocation est prévue en fin d'après-midi, vers 17h00.

16h00: "On veut la vérité"

" Nous dénonçons les mesures restrictives de liberté, qui n'ont pas constitué une solution structurelle pour les soins de santé ", ont défendu les organisateurs dans leur communiqué.

"On prône aujourd'hui la liberté, mais on voudrait surtout la vérité", défend une femme d'un petit groupe citoyen qui porte le slogan "J'aime la liberté". "On trouve que l'information est toujours manipulée dans un sens ou dans l'autre. On n'est pas contre le vaccin en soi, mais ce n'est pas la solution miracle qu'on nous avait vendue. On ne nous parle pas des effets secondaires".

Un couple autour des 45 ans est venu de Courtrai avec ses deux enfants de 9 et 14 ans. "Le Covid Safe Ticket (CST) n'est pour moi pas une option d'avenir", dénonce le mari. "On refuse de prendre ce chemin autoritaire. En plus, notre enfant de 14 ans ne peut plus aller dans plein d'endroits car il n'a pas le CST."

17h00: Le climat se détériore

"Il y a des policiers blessés mais nous ne savons pas encore exactement combien ni de quels types de blessures il s'agit. Des arrestations sont en cours", nous indique à 17 heures Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles." Des palettes et des conteneurs ont été brulés, des voitures ont été dégradées."

Le Nieuwsblad indique par ailleurs que des émeutes éclatent à plusieurs endroits. Un certain nombre de manifestants ont escaladé des échafaudages et des conteneurs. Il y a aussi déjà des vitres brisées, des vitres de voiture et des combinaisons vandalisées. Dans la rue Joseph II, un grand feu a été fait avec des matériaux de construction : bois, caisses et palettes se trouvent au milieu de la chaussée.

Les incidents ont débuté à 14h45, " Nous avons du faire intervenir un canon à eau et faire usage de gaz lacrimogènes. Des manifestants voulaient continuer tout droit sur l'Avenue des Arts au lieu d'utiliser l'itinéraire autorisé vie la rue Joseph II. Il y a eu des feux d'artifice ", détaille Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles. Les manifestants ont bombardé la police de bouteilles et de feux d'artifice.

Manifestation anti-mesures sanitaires à Bruxelles: 44 arrestations et 3 policiers blessés, la situation désormais "normalisée"
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18h00: "Nous sommes fiers d'avoir uni autant de personnes"

"Nous avons réuni toutes les organisations belges qui militent pour la paix en cette période de crise", s'est réjoui Ezra, un porte-parole des organisateurs, qui comptent entre autres les mouvements Hands for Freedom, Vecht Voor Vrijheid, Teachers for Freedom et Belgians for Freedom. "Ensemble pour la liberté, on voulait former une grande famille pour défendre ensemble la démocratie. Nous sommes fiers d'avoir uni autant de personnes. Cependant, nous ne cautionnons pas les violences qui ont eu lieu aujourd'hui et nous nous en distancions".

18h20: Philippe Close réagit

En début de soirée, le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close a réagi aux débordements qui sont survenus lors de la manifestation: "Je condamne fermement les fauteurs de troubles, j'ai donné l'instruction de procéder à des arrestations et d'analyser les vidéos", a déclaré le socialiste sur Twitter. "Merci à la police et aux différents services publics pour leur professionnalisme", a-t-il également ajouté.

19h: la situation "normalisée"

Aux alentours de 19h00, la situation s'est normalisée, a indiqué la police de Bruxelles sur Twitter. La circulation a été rouverte, ont précisé les forces de l'ordre.

19h50: un premier bilan fait état de 44 arrestations et 3 policiers blessés

La police a procédé à 42 arrestations administratives et deux arrestations judiciaires en marge de la manifestation contre les mesures sanitaires qui a traversé la capitale dimanche après-midi, a indiqué en soirée la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de keere. De plus, trois policiers ont été blessés. Un manifestant a également été emmené à l'hôpital pour une blessure à la main. Deux policiers ont une incapacité de travail de 11 jours et le troisième de quatre semaines. Ils ont été emmenés à l'hôpital pour recevoir des soins. Un policier a la main cassée et devra subir une intervention chirurgicale. Un autre a été blessé à la jambe et le troisième au poignet.

La police dénombre pour l'instant six véhicules de police endommagés et un de ses scooters a été incendié.

Elle ajoute que de nombreux biens publics ont été abîmés, de même que des voitures de particuliers et des vitrines. Un inventaire des dégâts est en cours. Les images des caméras de surveillance seront analysées dans le but d'identifier des auteurs.