Émissions de particules : les 5% de fraudeurs responsables de 90% des émissions de particules pour les véhicules Euro 5b et Euro 6

Elles ne représentent que 12% du parc automobile bruxellois, pourtant, ces voitures Euro 4 émettent près de la moitié des particules d’échappement et un quart des émissions d’oxyde d’azote dans l’air Bruxellois.

Émissions de particules : les 5% de fraudeurs responsables de 90% des émissions de particules pour les véhicules Euro 5b et Euro 6
©BELGA
Sylvain Anciaux

Ce lundi, Alain Marron (Ecolo) accompagné de Bruxelles-Environnement et de l’International Council for Clean Transportation (ICCT), présentait une étude sur la pollution de l’air par le parc automobile réalisée à l’automne 2020, par la FIA et Bloomberg Philanthropies. 130 000 voitures (uniques) en circulation ont été contrôlées lors de cette campagne, et les chiffres qui en ressortent démontrent les émissions disproportionnées de polluants dans l’air bruxellois, largement supérieures aux normes autorisées.

Premier problème : les véhicules diesel Euro 4, soit immatriculés de 2006 à 2011.

Elles ne représentent que 12% du parc automobile bruxellois, pourtant, ces voitures Euro 4 émettent près de la moitié des particules d’échappement et un quart des émissions d’oxyde d’azote dans l’air Bruxellois. Quant aux Euro 5, immatriculés avant 2015, qui composent 20% du parc automobile particulier bruxellois, elles rejettent 40% des émissions d’oxyde d’azote. Bonne nouvelle pour les poumons de la capitale, la première catégorie vit ses derniers jours dans la région (les Euro 4 seront interdits dès le 1er janvier 2022) et les Euro 5 devront quitter Bruxelles pour 2028. “Le nombre de véhicules ciblés par les interdictions diminue avant la mise en place de l’interdiction” explique Alain Maron, avant d’ajouter qu’il faudra une période de trois mois pour en voir les résultats.

Réconcilier les enjeux de santé, de société, et de climat

Autre chiffre déroutant, la fraude (ou la mauvaise gestion) sur les filtres à particules. Des mesures au pot d’échappement ont été réalisées sur 600 voitures, et il s’avère que 5% des véhicules normalement équipés de filtres à particules diesel (FPD) sont défectueux, ou même enlevés ! Conclusion : ces 5% sont responsables de plus de 90% des émissions de particules du groupe testé (véhicules 5b et 6). Ceci dit, au premier juillet 2022, tous les centres de contrôle technique devront être munis d’appareils capables de détecter l’absence ou le mauvais état de filtre à particules sur les voitures à diesel.

Alain Maron cherche ici à “réconcilier des enjeux de santé publique, sociaux et climatiques”. Avant d’expliquer que la qualité de l’air à Bruxelles tue 1.000 personnes chaque année (9.000 pour toute la Belgique), que les classes les plus paupérisées, vivant dans les zones les plus démographiques les plus denses et sans voiture familiale subissent particulièrement ce fléau, et qu’il est impératif de faire mieux si la Belgique veut atteindre ses objectifs climatiques de 2030 et 2050. Prochaine cible majeure : la sortie définitive des moteurs thermiques, en 2035.