Plan taxi: Ecolo ne veut pas de majorité alternative à Bruxelles

Les écologistes bruxellois ne sont pas favorables à l'émergence d'une majorité alternative en Région bruxelloise dans le dossier de la réforme de la réglementation du transport rémunéré des personnes, a affirmé mardi le chef du groupe Ecolo au parlement bruxellois John Pitseys.

Plan taxi: Ecolo ne veut pas de majorité alternative à Bruxelles
©Bauweraerts Didier
BELGA

Interrogé par l'agence Belga à propos de l'élaboration d'une ordonnance à durée temporaire destinée à répondre à l'urgence sociale des chauffeurs qui recouraient à la plate-forme Uber fermée depuis vendredi, celui-ci a souligné que le "plan A dans ce dossier était le respect de l'accord de majorité et le projet de réforme porté dans ce sens par la même majorité."

"Nous voulons un texte solide sur le plan juridique et ambitieux qui permette de moderniser l'ordonnance de 1995 sur le statut du véhicule de transport de personnes et nous ne voulons pas avoir à choisir entre ce texte et une solution rapide et temporaire permettant de répondre à une urgence sociale", a-t-il ajouté.

A propos de la proposition d'ordonnance temporaire, le chef de file écologiste ne veut pas entendre parler d'une majorité alternative. Il souligne que le texte sur la table a été mis à la disposition de la majorité par le cabinet du ministre-président Rudi Vervoort (PS). "Nous ne pensons pas que le cabinet de M. Vervoort a produit ce texte sous la dictée d'Uber" a-t-il commenté.

Au passage, John Pitseys a fait observer que "c'est la première fois, depuis la naissance de la Région-capitale que le premier groupe de la majorité désavoue le ministre-président".

Interrogé pour sa part par la Première (RTBF, le chef de file Ecolo au gouvernement bruxellois, Alain Maron a affirmé qu'il avait été décidé jeudi dernier, dans la foulée de l'accord sur l'avant-projet de réforme du plan taxi "de mettre une sorte de rustine permettant aux chauffeurs Uber de continuer à travailler dans l'attente de cette nouvelle ordonnance qui supprime la concurrence déloyale".

"Depuis lors, le PS n'entend pas suivre cette décision. Le problème c'est que si le PS, qui porte ce dossier, ne désire plus le porter, ça pose un problème global de cohésion de majorité. Ce qui me semble normal, c'est que le PS qui a le dossier en main depuis deux ans contribue aux solutions et pas au problème", a ajouté le ministre écologiste.

De son côté, le chef du groupe socialiste Ridouane Chahid a souligné que le PS, par son attitude, essayait de "protéger les travailleurs d'une multinationale qui ne paye aucun impôt".

"Que le PS soit le seul parti de gauche de cette majorité, ce n'est un secret pour personne. Que le PS ait une position différente des autres partis sur ce dossier Uber n'est pas non plus un scoop... On doit être conscient que, aujourd'hui, suite à une décision de justice, des parlementaires sont en train de se mettre à la botte d'une multinationale qui a été condamnée dans plusieurs pays parce qu'elle ne respectait pas le droit du travail ni le droit fiscal. Et donc, ces parlementaires bruxellois sont en train de dire à cette multinationale 'Ne vous inquiétez pas, à Bruxelles, même si vous avez été condamnés, on va faire en sorte que vous puissiez réactiver votre application, et ainsi faire du profit au détriment du statut et de la protection sociale de vos chauffeurs!", a-t-il commenté, interrogé par la plate-forme multimedia bruxelloise BX1.

"Si les autres partis sont tellement sensibles à la situation de ces travailleurs, pourquoi, dans leur proposition d'ordonnance, ne déposent-ils pas une règle demandant au ministre-président de leur donner une licence provisoire de taxi, au lieu de demander de réactiver l'application Uber?", a-t-il enfin demandé

La priorité reste le Plan taxi pour la FGTB

La FGTB et sa centrale UBT ont dénoncé, mardi, le projet d'ordonnance avancé en faveur des chauffeurs liés à Uber à Bruxelles par Groen, DéFI, l'Open Vld et one.brussels-Vooruit. "La seule vraie priorité est d'adopter le Plan Taxi et de rétablir des droits sociaux dans le chef de tous les travailleurs du secteur", soutiennent elles. Selon celles-ci, Uber a suspendu son application "non réellement pour se conformer à la décision de justice mais bien pour faire pression sur les politiques bruxellois (...) Certains partis annoncent maintenant vouloir former une majorité alternative pour faire adopter au Parlement bruxellois une ordonnance afin de maintenir l'activité de UberX. De telles manœuvres, en totale opposition avec la décision de la Cour d'Appel de Bruxelles, sont non seulement contraires au principe de séparation des pouvoirs mais aussi profondément néfastes pour les travailleurs du secteur et la défense de leurs droits."

Pour la FGTB, la priorité est "d'examiner et de voter le Plan Taxi déjà approuvé par le gouvernement et donc par la majorité bruxelloise (...) Ce Plan garantirait enfin que la règlementation belge et bruxelloise soient appliquées correctement par des opérateurs comme Uber."

"Il n'est pas acceptable que certains cèdent ainsi au chantage de Uber. Le seul vrai courage politique consiste au contraire à prendre des mesures structurelles afin de garantir les intérêts collectifs dans l'intérêt de tous les travailleurs mais aussi des utilisateurs du secteur", a conclu le syndicat.

Le PTB n'est pas prêt à soutenir une "légalisation temporaire d'Uber"

Le PTB ne soutiendra pas une ordonnance qui légalise Uber de manière urgente et temporaire, a affirmé mardi le député PTB Youssef Handichi. Des groupes du parlement bruxellois dont plusieurs de la majorité, mais pas la PS, se sont dits prêts à soutenir une proposition d'ordonnance à adopter dans l'urgence pour permettre temporairement aux chauffeurs qui n'ont plus accès à la plate-forme Uber depuis vendredi dernier de continuer à effectuer du transport rémunéré de personnes.

"Nous analysons la proposition, mais nous nous y opposerons s'il s'agit de légaliser la multinationale Uber même de manière temporaire et urgente", a affirmé le député PTB Youssef Handichi, interrogé sur l'attitude de son groupe politique à ce propos.

Selon lui, la formation d'extrême gauche est par contre favorable à l'octroi d'une indemnité aux chauffeurs licenciés et de travailler de manière concertée avec le secteur sur une solution durable sous la forme d'une application publique.

"Dans ce dossier, on constate, en voyant ce qui a été mis sur la table, qu'Uber a bien joué le coup en décident de débrancher la prise vendredi dernier à 18h", a-t-il commenté.

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