Feux d’artifice : "C’est de la discrimination envers les commerçants bruxellois"

La nuit du Nouvel An s’annonce mouvementée dans la capitale, malgré la prohibition de la pyrotechnie.

Feux d’artifice : "C’est de la discrimination envers les commerçants bruxellois"
©Jean-Luc Flemal
Anciaux Sylvain

L’arrêté du ministre-Président de la Région bruxelloise annonce l’interdiction de détenir comme de transporter des pétards et feux d’artifices en Région bruxelloise du 23 décembre au 9 janvier. Pourtant, à la lecture des ventes des artificiers qui se portent très bien, Bruxellois et policiers s’attendent à une nuit chahutée.

Les feux d’artifice toujours en circulation

Avenue Van Overbeke, à Ganshoren, on est un petit peu mi-figue mi-raisin en cette veille de Nouvel An. C'est pendant les deux dernières semaines de l'année qu'Atmosfire, un artificier, effectue 95 % de son chiffre d'affaires annuel. " Les ventes sont bonnes, très bonnes. Mais cet arrêté royal, c'est du n'importe quoi. Deux inspecteurs sont venus me voir hier en me prévenant que, dès ce vendredi midi, ils contrôleront et sanctionneront tous les gens qui sortent du magasin avec des feux d'artifice !"

Pour l'artificier, cette mesure est vide de sens, car elle ne s'applique qu'à la Région. " À cinq kilomètres d'ici, on peut acheter du matériel en toute sécurité. C'est le marché noir qui va se développer, avec des produits dangereux ! C'est de la discrimination envers les commerçants bruxellois. "

La police sur le qui-vive

En effet, sur les réseaux sociaux, il est facile de trouver des artificiers au marché noir, prêts à se déplacer avec une camionnette chargée de mini-explosifs pour commercer…

"C'est un point de tension pour les services de police à chaque fin d'année" , confirme la porte-parole de la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles, Ilse van de Keere.

Pour cette soirée spéciale, une coordination sera assurée entre les différentes zones de la capitale et la police fédérale. Les forces de l’ordre assurent qu’elles feront respecter la loi sur les feux d’artifice et les pétards.

Une justification qui pose question

Dans l'arrêté officiel, il est mentionné qu'une " utilisation de feux d'artifice est fortement déconseillée afin d'éviter l'occupation de lits supplémentaires dans les unités de soins intensifs" .

La raison sanitaire est donc évoquée. Pourtant, la mesure était déjà d’application pour les Saint-Sylvestre avant la pandémie… Reste donc à savoir, sans pour autant remettre en question l’importance de préserver les hôpitaux pendant la crise, si cette mesure n’est, au final, pas une mesure de sécurité déguisée.

L’an dernier, 22 accidents ont eu lieu via l’utilisation d’engins pyrotechniques à Bruxelles. Si le centre des grands brûlés, qui collecte ces informations, n’a pas de données précises pour la Région bruxelloise, elle note un total au niveau national de 108 accidents pour la fin d’année 2018, et de 87 en 2017. Six accidents ont également eu lieu à Bruxelles pour Noël 2021.