Malaise au Conservatoire de Bruxelles après qu'un étudiant a été accusé d'agression sexuelle

Malaise au Conservatoire de Bruxelles après qu'un étudiant a été accusé d'agression sexuelle
©wikipedia, creative commons
J.F.

Plusieurs étudiants du Conservatoire de Bruxelles "ont la boule au ventre" à l'idée de côtoyer l'un de leurs camarades de classe. Ce dernier est en effet soupçonné d'avoir agressé sexuellement plusieurs personnes en dehors des murs de l'établissement.

Selon Les Grenades qui ont enquêté sur cette histoire, 11 étudiants sur les 13 présents dans la même classe que lui s'estiment en "insécurité". "Parmi eux figurent des personnes qui ont elles-mêmes vécu des viols ou des agressions sexuelles et qui ont exprimé leur malaise et leur incapacité à continuer à étudier avec cet étudiant", peut-on lire sur le site."Mettre des victimes d'agressions sexuelles face à un agresseur sexuel, c'est extrêmement violent et traumatique. (...) Dans ces conditions, il ne s'agit plus de neutralité. C'est une prise de parti. Et c'est le parti des agresseurs", ont écrit plusieurs étudiants dans un discours lu dans le cadre d'une réunion avec la direction du Conservatoire.

En guise de protestation, un collectif féministe avait placardé en novembre dernier une affiche sur les murs de l'établissement. On pouvait y lire "Pourquoi le Conservatoire de Bruxelles protège un agresseur sexuel?". Plus récemment, des étudiants ont donc lu un texte lors d'une réunion avec la direction du Conservatoire. Selon les extraits publiés par la RTBF, les jeunes réclament entre autres de "pouvoir à nouveau suivre nos cours et les suivre sereinement". "Et c'est la raison pour laquelle nous sollicitons votre aide aujourd'hui. Quelles solutions pouvez-vous nous proposer pour que nous puissions à nouveau suivre nos cours dans des conditions qui préservent notre santé physique et psychologique?"

"L'étudiant incriminé conteste les faits"

L'avocat de l'étudiant incriminé a tenu à s'exprimer. Fabrice Guttadauria estime que son client a été "roulé dans la boue". "Deux femmes ont accusé mon client d’agression sexuelle sur les réseaux et dans certains forums de discussions. Une seule plainte a été déposée. Mon client n’a jamais reconnu les faits en classe et les conteste. Il a peut-être eu ce qu’on appelle les mains baladeuses. Il appartient désormais au judiciaire et aux personnes compétentes de comprendre ce qu’il s’est passé. Mon client est toujours présumé innocent."

La direction démunie

Invitée à réagir par la RTBF, la direction du Conservatoire n'a pas donné suite. Toutefois, une source nous explique que la direction estime que c'est à la justice d'agir et de trancher cette affaire. La source nous précise que la direction a mis en place des cellules psychologiques ainsi que des conciliations qui n'ont malheureusement pas donné de résultats.