Une étudiante réveillée à 2h du matin par des travaux "illégaux" dans un magasin Nike à Bruxelles

Le magasin de sport n'a pas de dérogation pour effectuer ces travaux nocturnes.

Sylvain Anciaux
Une étudiante réveillée à 2h du matin par des travaux "illégaux" dans un magasin Nike à Bruxelles
©FLEMAL JEAN-LUC

Il est presque deux heures du matin, la nuit de lundi à mardi, quand Omneya est réveillée à coups de marteau piqueur. L'étudiante loge dans une résidence pour étudiants et jeunes travailleurs située en plein centre de Bruxelles, adossée à la rue Neuve.

"Les murs tremblaient, on pouvait les sentir. J'essayais de dormir depuis 22h30, parce que je me lève à 5h30 et j'avais une longue journée." En cette période d'examens, le sommeil est d'or pour beaucoup d'étudiants. Inquiète et énervée, la jeune femme se lève, s'habille et descend voir qui peut bien activer un tel engin à cette heure-là.

À deux heures du matin, la rue Neuve est déserte, ou presque. Au milieu de celle-ci, face au magasin Nike, deux camionettes blanches immatriculées en Angleterre stationnent, ainsi qu'une voiture d'un agent de surveillance. Omneya frappe à la vitrine du Nike, les hommes qui viennent ouvrir sont, sans aucun doute au vu de leur accent, anglais. Ils comprennent la frustration de la jeune femme, mais se dédouanent : "ces travaux sont prévus depuis des mois, on n'a pas le choix, on doit travailler". Ceux-ci doivent durer cinq jours, de 20 heures à 4 heure du matin. Néanmoins, les hommes de métier font un deal avec l'étudiante, ils commenceront les travaux bruyants dès 20 heures pour les finir plus tôt.

Mais la promesse n'a pas été tenue, et les travaux ont repris la nuit de mardi à mercredi. Pourtant, à Bruxelles, il faut une dérogation bien spécifique pour effectuer des travaux nocturnes. "Ces travaux se déroulent en toute illégalité", assure la ville qui n'a pas reçu de demande spécifique à ce sujet. En théorie, c'est le cabinet du bourgmestre qui autorise, ou non, ces travaux entre 17 heures et 9 heures du matin. Et dans ce cas, il est fort peu probable que l'administration eût accepté la dérogation. En effet, "même pour les travaux de la Stib ou d'Infrabel, elle n'est pas automatiquement acceptée" explique-t-on du côté cabinet de l'urbanisme. La fermeture d'un magasin, même en période de soldes, n'est donc probablement pas valable. Contactée, la marque n'a pas souhaité répondre.

Une étudiante réveillée à 2h du matin par des travaux "illégaux" dans un magasin Nike à Bruxelles
©FLEMAL JEAN-LUC