Tensions ce jeudi soir près du Bois de la Cambre: des chauffeurs Uber empêchent une intervention de police

Des échauffourées ont eu lieu ce jeudi à Ixelles entre chauffeurs de taxis et la police.

En marge du dossier Uber/Taxis, la tension continue de monter à Bruxelles. Hier soir, au bois de la Cambre, des chauffeurs Uber ont fait barrage à une intervention de police. Une vidéo circule sur les réseaux sociaux: la personne qui filme fait état d'une émeute, de cris et de renforts.

La scène se passe rue Émille Deray, peu après 19 heures. La porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles Ilse van de Keere confirme: "Un contrôleur de taxi de la Région bruxelloise a demandé l'assistance de la police pour un chauffeur de taxi qui n'était pas en ordre et se montrait agressif".

D'autres chauffeurs Uber seraient intervenus également, mécontents de la situation. "Des chauffeurs Uber se sont rassemblés pour empêcher le dépannage. Le véhicule a été dépanné. Tout le monde a quitté les lieux sans incident" explique enfin Ilse van de Keere.

Le porte-parole de la fédération bruxelloise des taxis s'est exprimé à ce sujet et dévoile qu'il pourrait s'agir d'un enlèvement d'un Uber flamand.

Des conflits persistants

Pour rappel, cela fait désormais des mois que le ton monte dans la capitale autour de la question du transport rémunéré de personnes, et en particulier entre les chauffeurs de taxis "traditionnels" et les conducteurs utilisant des applications comme Uber et Heetch.

En novembre dernier, à la suite d'une décision de justice, Uber a fermé ses services à Bruxelles, privant des centaines de conducteurs de leurs revenus habituels. Dans la foulée, après moult tergiversations, le gouvernement bruxellois a approuvé une "ordonnance sparadrap" permettant aux chauffeurs Uber bruxellois de continuer d'exercer le temps de mettre en place le tant attendu "plan taxi" réformé.

Mais c’est justement l’application de cette solution temporaire qui suscite aujourd’hui des indignations, du côté des taximen mais aussi des chauffeurs LVC, qui critiquent le fait que des chauffeurs sous licence wallonne et flamande prennent encore des courses à Bruxelles.

Plusieurs actions coup-de-poing ont eu lieu ces derniers jours. Ce jeudi, les taxis ont bloqué des artères majeures de la capitale pour exprimer leur mécontentement. La veille, ce mercredi, ce sont les chauffeurs Uber qui ont manifesté, devant le siège etterbeekois de l'entreprise californienne pour demander une équité entre les chauffeurs. "Depuis le 1er janvier 2020, en respect du plan taxi du gouvernement flamand, les utilisateurs des applications bruxellois et wallons n'ont plus le droit de travailler à l'aéroport de Zaventem et Uber leur a bloqué l'accès. À Bruxelles, Uber laisse par contre l'application ouverte à tout le monde et c'est l'anarchie totale", expliquait Armin, un chauffeur LVC, à nos confrères de l'agence de presse Belga.

Sur le même sujet