Des trous de 0,04 micron pour ôter les microplastiques des eaux bruxelloises

La rénovation de la station d’épuration sud de Bruxelles vient de se terminer. Un quart des eaux usées bruxelloises y sont assainies. Une nouvelle technologie y est utilisée.

Des trous de 0,04 micron pour ôter les microplastiques des eaux bruxelloises
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Le ministre bruxellois de la Transition climatique et de l’Environnement Alain Maron (Écolo) a inauguré ce 18 mars la station d’épuration sud de Bruxelles, dont la rénovation initiée en 2015 vient de se terminer. Un quart des eaux usées de la Région bruxelloise, correspondant à la consommation de 360.000 habitants sont assainies dans cette station grâce à un nouveau procédé innovant de clarification membranaire.

La nouvelle installation permet de traiter l’azote et le phosphore. Son procédé central consiste en une "filtration membranaire": 226.000 m2 de membranes pourvues de trous invisibles à l’œil (diamètre 0,04 micron) filtrent l’eau avant son rejet dans la Senne et contribuent au traitement des microplastiques présents dans l’eau. Ceux-ci contaminent l’ensemble des mers et océans et les espèces marines. Il s’agit notamment de microfibres provenant de l’usure d’objets en plastique, de microbilles de polystyrène. Ils peuvent également provenir des produits cosmétiques. Ce filtrage rend l’eau suffisamment pure pour le nettoyage, l’arrosage ou encore être déversée dans la Senne. La station d’épuration de Bruxelles sud est la deuxième unité la plus importante recourant à ce type de traitement en Europe après celle d’Achères (Yvelines-ouest de Paris).

Ce procédé avait déjà fait l’objet d’une inauguration en 2019 par la ministre Céline Fremault qui a précédé Alain Maron au département de l’Environnement. Pour parachever la modernisation de la station, il restait encore à améliorer la gestion des boues d’épuration pour en réduire le volume de 30% et les transformer en énergie verte par un système de cogénération, qui assurera 40% des besoins en électricité de la station.

Des trous de 0,04 micron pour ôter les microplastiques des eaux bruxelloises
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"Grâce à cette station exemplaire, ce ne sont plus des eaux usées mais une eau assainie qui est dorénavant déversée dans la Senne qui redevient ainsi un cours d’eau vivable, que nous allons remettre à ciel ouvert à certains endroits" s’est réjoui Alain Maron.

108 millions

Le bâtiment administratif est le premier à Bruxelles à être chauffé et refroidi grâce aux eaux usées des égouts, via la riothermie.

Durant les travaux, la gestion des travaux et de la station a été assurée par la société momentanée CFE – VINCI – Nizet Entreprise.

Le coût de la rénovation s’est élevé à 108 millions d’euros. La station atteint aujourd’hui une capacité de traitement de 18.000 m³ par heure en temps d’orage et produit 17.000 tonnes de boues par an (25.000 tonnes avant rénovation) grâce à la production de biogaz. Les innovations ont permis à la station de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de plusieurs dizaines de tonnes.

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