Campement de sans-papiers à Bruxelles: un logement a été trouvé

Les quelque 70 sans-papiers expulsés d'un bâtiment investi dimanche rue du Rempart des moines dans le centre de Bruxelles ont planté mardi après-midi des tentes sur un terrain situé au numéro 10 de l'avenue du Port, près de leur ancienne occupation dans l'ex-KBC.

Campement de sans-papiers à Bruxelles: un logement a été trouvé
©DEMOULIN BERNARD

La Région a trouvé un logement sur le territoire de la Ville de Bruxelles, a annoncé en fin de journée le Cabinet de la bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean Catherine Moureaux (PS). Les personnes du groupe seront logées à l'hôtel, dès ce mardi soir, pendant 6 jours, puis pendant 6 mois dans un bâtiment vide situé sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Des travaux d'électricité vont notamment être réalisés avant leur installation. Les différents frais sont pris en charge par la Région.

Début avril, quelque 150 personnes sans-papiers, qui occupaient depuis le mois d'août l'ancienne banque KBC située avenue du Port, ont été priées de quitter les lieux, un chantier devant démarrer. Près d'une centaine d'entre elles ont été relogées dans un bâtiment à Ixelles. Celles n'ayant pas trouvé d'échappatoire ont occupé dimanche un immeuble vide du centre-ville. La police de la zone Bruxelles-Capitale/Ixelles a motivé l'ordre d'expulsion du bourgmestre de la Ville de Bruxelles par le fait que "le bâtiment est voué à la démolition. Il n'est pas suffisamment équipé et sécurisé pour accueillir des familles avec enfants".

Catherine Moureaux s'est rendue sur place mardi matin pour s'assurer que les occupants évacuent les lieux de façon volontaire et dans le calme. "La bourgmestre a travaillé d'arrache-pied toute la journée pour trouver une solution à leur situation qui est terrible", a rapporté son porte-parole Rachid Barghouti. "Elle a activé tous les contacts qu'elle a pu et a trouvé une solution avec l'aide de la Région. Les membres du groupe vont pouvoir rester ensemble, même à l'hôtel. C'était une de leur demande". La bourgmestre s'est rendue à leur campement en soirée leur annoncer la nouvelle.

En désespoir de cause, le groupe avait planté des tentes, mardi après-midi, sur un espace vert près de l'ancienne banque KBC, en face du canal. Des pancartes et banderoles ont été accrochées sur les grilles de l'entrée, mettant en avant des messages comme "Mes rêves ont été brisés aux pays des droits de l'Homme".

"Ce n'est pas uniquement une question de logement", a expliqué un porte-parole du groupe. "C'est aussi une volonté de continuer une lutte, de créer un espace politique pour tenter d'obtenir un titre de séjour donnant un accès légal au marché du travail".

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