La fin des grandes tours dans le quartier européen

Le gouvernement dévoile les nouvelles règles urbanistiques pour faire évoluer le quartier européen.

AdM (avec Belga)
La fin des grandes tours dans le quartier européen
©JEAN LUC FLEMAL

Imposant, mais froid et peu vivant une fois passée l’heure de sortie des bureaux. C’est ainsi que la plupart des touristes qui visitent Bruxelles décriraient probablement certains coins du quartier européen, par exemple autour du rond-point Schuman et des institutions européennes. Le gouvernement bruxellois a annoncé ce jeudi de nouvelles conditions urbanistiques pour ce quartier.

"Nous voulons changer ce quartier avec plus de logements, des commerces et des espaces publics de qualité, accessibles aux Bruxelloises et Bruxellois", a souligné Rudi Vervoort (PS), ministre-Président bruxellois.

"Davantage de logements et des espaces publics plus verts contribueront à donner un nouveau visage au quartier dans les années qui viennent", ajoute Pascal Smet, secrétaire d’État à l’Urbanisme.

Ainsi, après une forte remise en cause du projet de PAD (plan d’aménagement directeur) sur la question de l’implantation d’immeubles-tours, le gouvernement bruxellois a adopté neuf grands principes d’aménagement qui seront désormais à suivre. L’exécutif n’arrive pas avec un plan clé sur porte mais avec des balises claires sur le long terme.

Il n’est plus question d’implanter des immeubles-tours dans le quartier mais de travailler dans les gabarits d’immeubles actuels, sans exclure toute surélévation ponctuelle, mais moyennant intégration dans l’ensemble.

En lieu et place, l’exécutif bruxellois a adopté neuf principes d’aménagement guidant la vision partagée qui a émergé des travaux d’ateliers thématiques auxquels ont pris part des représentants des administrations communales, régionales et européennes, ainsi que des représentants de la société civile et du secteur privé.

Il est question de valoriser la vallée du Maelbeek, ruisseau aujourd’hui disparu mais auquel les lieux doivent leur relief.

L'objectif est aussi de maintenir la densité actuelle du quartier, de "dédensifier" les intérieurs d'îlots actuellement dominés par le béton, créer une mixité d'activités de commerce et de service aux pieds des immeubles de bureau, limiter drastiquement les opérations de démolition-reconstruction pour réduire le bilan carbone des opérations immobilières et préserver le patrimoine d'après-guerre.

Une offre de logements

Autres principes : réintroduire une offre de logement dans les rues perpendiculaires aux axes Loi et Belliard.

Mais aussi renforcer l’offre de proximité, structurer et décloisonner le quartier afin de le connecter avec ceux avoisinants et stimuler les interactions entre eux. Le quartier, en effet, a semblé se vider de ses habitants en période de Covid, avec le télétravail ou le départ provisoire d’expatriés.

Enfin, le gouvernement bruxellois veut limiter les nuisances dues au trafic de transit et donner plus d’espace pour les modes de déplacement actifs.

Une task force sera chargée de garantir le respect de cette vision partagée.