Des étudiantes de l'ULB droguées lors de bals: "Il y a une augmentation des cas de drogue dans les verres"

Le vice-recteur Alain Leveque reconnait être "démuni" face à cette situation. "Nous avions mis en place des fouilles qui n'ont rien donné. A part dire aux femmes qu'elles doivent faire attention à leur verre, ce qui revient à les culpabiliser..."

J.F.
Des étudiantes de l'ULB droguées lors de bals: "Il y a une augmentation des cas de drogue dans les verres"
©shutterstock

Le magazine Axelle a mené une grande enquête sur les violences en milieu festif. L'un de des volets est consacré aux événements étudiants organisés par les cercles de l'ULB ou à la Jefke, une salle de fête appartenant à l'université bruxelloise. Plusieurs étudiantes et étudiants affirment avoir été drogués durant ces soirées, mais aussi durant les bals.

"Lors des bals étudiants, presque chaque semaine, des femmes sont droguées", explique un lanceur d'alerte interrogé par le magazine. Sur le compte Instagram Balance Ton Folklore, on retrouve effectivemnt des témoignages similaires.

A chaque fois, les mêmes symptômes sont pointés du doigt par les victimes : sensation de chute, plus aucun contrôle sur le corps, etc. Des états qui ne sont pas liés à une prise excessive d'alcool, mais plutôt à l'utilisation de drogues comme le GHB.

"Nous constatons effectivement, depuis le début de la période des bals, une augmentation des cas de drogue dans les verres", indique au magazine Laura Cazier, déléguée du cercle de Philosophie et Sciences Sociales. "Nous parlons de dizaines de jeunes filles qui sont à chaque fois admises aux urgences ou qui témoignent le lendemain des soirées estudiantines.”

"Compliqué de lutter"

Les cercles, qui organisent les soirées, sont parfois pointés du doigt pour le manque de sécurité. "C’est très compliqué de lutter contre ces agressions. Ce sont des discussions que nous avons au sein des cercles pour essayer de garantir la sécurité des femmes, certains cercles sont plus en avance. Il n’y a pas vraiment de solutions concrètes mises en place. Nous n’avons pas reçu de la part de l’ULB de protections à poser sur nos verres. Alors, nous, on bricole", explique-t-elle.

Certes, des dispositifs existent pour les étudiants de l'ULB, comme la cellule Cash.E qui accompagne les victimes de harcèlement et de violences sexuelles mais, pour les étudiantes interrogées, ce n'est pas suffisant. Elles ont donc envoyé une lettre aux autorités le 8 avril dernier dénonçant le manque de moyens et de formation des gardiens présents sur le campus.

Le vice-recteur Alain Leveque confirme être au courant de ces affaires, pour ce qui concerne la Jefke qui appartient à l'ULB. "Les bals étudiants, en revanche, se déroulent dans des lieux privés et leur sécurité tombe sous la responsabilité des cercles étudiants de A à Z", précise-t-il. Il reconnait être "démuni" face à cette situation. "Nous avions mis en place des fouilles qui n'ont rien donné. A part dire aux femmes qu'elles doivent faire attention à leur verre, ce qui revient à les culpabiliser..."

L'ULB envisage malgré tout une collaboration avec l'hôpital Chirec afin de proposer un dépistage systématique après une soirée, ainsi que la mise à disposition de protections pour les verres.