Un artiste queer également agressé pendant la Belgian Pride: "On dirait qu'on est revenus 15 ans en arrière à Bruxelles"

Nathan French, un sculpteur queer originaire du Royaume-Uni, a témoigné de son agression durant la Belgian Pride.

Un artiste queer également agressé pendant la Belgian Pride: "On dirait qu'on est revenus 15 ans en arrière à Bruxelles"
©BELGA

Ce samedi, la Belgian Pride a rassemblé plus de 120.000 personnes dans les rues de Bruxelles, afin de célébrer la communauté LGBTQ+.

Si les festivités se sont majoritairement déroulées dans la joie et la bonne humeur, plusieurs incidents ont tout de même émaillé la journée.

En effet, ce mardi, on apprenait qu'un jeune garçon, sa mère et sa soeur avaient été agressés à Molenbeek-Saint-Jean à la fin des célébrations. Ce mercredi, un jeune artiste révèle également avoir été la cible d'agressions verbales et physiques en plein centre de la capitale, sur le Boulevard Anspach.

"Happy Pride" ? Pas vraiment", écrit ainsi le sculpteur Nathan French sur sa page Facebook. "Merci à mes adorables amis qui ont pris soin de moi, et à quelques inconnus qui ont dû me protéger.... J'ai été menacé et poursuivi par des adolescents, des objets m'ont été jetés dessus et je n'ai pas été autorisé à entrer dans les bars parce que ma tenue était trop 'provocatrice", déplore l'artiste.

Interrogé par nos confrères de la VRT, le jeune homme confie s'être senti en insécurité dès la fin des festivités. "J'ai immédiatement eu un sentiment d'insécurité en sortant du cortège. C'était totalement différent des éditions précédentes de la Pride. Normalement, c'est le seul jour de l'année où l'on ressent une pure liberté, mais là, je n'ai pas eu cette impression."

Le jeune homme estime que les choses vont "dans la mauvaise direction". "Bruxelles a fait un pas en arrière", déplore-t-il auprès du média Bruzz. "Pendant des années, j'ai vu beaucoup de progrès, c'était devenu de plus en plus sûr, les gens osaient s'assumer davantage. Mais dernièrement, j'ai remarqué un changement. Les passants semblent être plus frustrés dans la rue. On m'interpelle de plus en plus et les gens osent moins intervenir que par le passé."

"On me regarde vraiment bizarrement, beaucoup plus qu'avant", détaille encore l'artiste à la VRT. "Et le pire, c'est que mes amis me disent : 'Fais semblant de ne pas remarquer, tu ne peux rien y faire de toute façon'. Comme si on était 15 ans en arrière."