Nouvelle fusillade à Molenbeek ce lundi après-midi: ce que l'on sait

Une personne a été blessée par balle à Molenbeek. De plus en plus de coups de feu résonnent dans les rues de la capitale.

Maryam Benayad
Nouvelle fusillade à Molenbeek ce lundi après-midi: ce que l'on sait
©BAUWERAERTS DIDIER

Une personne a été touchée par balle ce lundi aux alentours de 14 h dans une rue située à Molenbeek. Selon des informations divulguées par de nombreux médias - citant la police -, un individu aurait été atteint d’un coup de feu à la main. Mais aucun détail sur son état de santé n’a été donné.

Contacté, le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ouest (Molenbeek, Koekelberg, Jette, Ganshoren et Berchem-Sainte-Agathe) n'était pas en mesure de livrer beaucoup d'informations. "Je n'ai rien confirmé à quiconque sur l'état de santé. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'agit de la 13e fusillade à Bruxelles depuis septembre et qu'une équipe de police a été envoyée sur place. Le parquet de Bruxelles prend l'enquête en charge. À l'heure actuelle, nous ne pouvons faire le lien avec aucun fait de criminalité."

Le substitut du procureur du Roi, Martin François, confirme qu'une personne a bien été blessée par balle, sans pour autant livrer plus de détails. "Le parquet a ordonné la descente, sur place, du laboratoire de la police et d'un expert en balistique. Le parquet a également requis un médecin légiste pour s'enquérir de l'état du blessé. Nous ne ferons aucun autre commentaire. Une enquête doit nous permettre d'en savoir plus sur ce qui s'est passé."

Trafics de stupéfiants générant des tensions armées

Si, à l’heure d’écrire ces lignes, aucun élément ne permet d’identifier les raisons pour lesquelles une personne a été victime d’un tir par balle, c’est donc la 13e fois - certains médias évoquent 14 et même 15 fois - que des coups de feu retentissent à Bruxelles depuis septembre.

En avril, La Libre faisait état de cette problématique qui ronge de plus en plus la capitale. En cause : les trafics de stupéfiants qui se multiplient, générant de plus en plus de tensions armées. Entre 2019 et 2020, les saisies de drogues et d'armes par la police bruxelloise se sont d'ailleurs multipliées.

Ainsi, en 2019, près de 250 000 euros avaient été saisis rien que dans la zone de police de Bruxelles-Ouest. En 2020, la somme saisie dépassait les 3 millions d’euros. Certains bourgmestres interrogés y voyaient un des effets de la crise sanitaire et se disaient désarmés face à un phénomène qui s’amplifie sur l’ensemble du territoire bruxellois.

Dans le même dossier publié par La Libre, Ignacio de la Serna, qui était encore à la tête du Collège des procureurs généraux, expliquait "qu'avec les effectifs actuels, il faudra huit ans pour les traiter" . Et d'ajouter : "Avec le dossier Sky ECC (NdlR : du nom d'un système de messagerie codée qui a été décryptée), on a donné un coup de pied dans la fourmilière et ce qu'on voit, ce n'est qu'une partie de l'iceberg."