Le militant MR qui se vantait de "pousser" les cyclistes s’excuse: "Il ne s’agit en rien de la vision du parti"

Alexandre Piha, militant MR qui a enflammé les réseaux sociaux suite à une prise de position concernant les rues cyclables à Bruxelles, s’excuse dans un communiqué de presse. Et propose quelques idées pour une meilleure cohabitation entre modes de transport.

Le militant MR qui se vantait de "pousser" les cyclistes s’excuse: "Il ne s’agit en rien de la vision du parti"
©Belga - DR

Alexandre Piha, militant MR qui a enflammé les réseaux sociaux suite à une prise de position concernant les cyclistes et les rues cyclables à Bruxelles, réagit ce 29 juillet 2022 aux articles de presse qui l’ont épinglé.

Pour rappel, le 21 juillet, celui qui est vice-président de la section MR d'Auderghem, où il préside aussi le MCC, s'est fendu d'un commentaire agressif dans une discussion sur la page Facebook de la Ministre de la Mobilité bruxelloise Elke Van den Brandt (Groen). Alors que les internautes s'y interrogeaient sur le bien-fondé de ces rues où le vélo est prioritaire, Alexandre Piha se vantait d'y avoir déjà "poussé" un cycliste "pour passer": "Un petit coup de frayeur et il ne recommencera plus", écrivait-il en assurant que sa victime avait failli "faire le grand devant les infirmières".

"Il ne s’agit en rien de la vision du MR"

"Mes propos étaient clairement déplacés", répond ce 29 juillet l'intéressé. "Je présente mes sincères excuses à tous ceux qui, en toute logique, ont été heurtés. Tant le MR que le MCC ont vivement condamné ces propos inacceptables et s'en sont dissociés. En effet, il ne s'agit en rien de la vision du MR qui prône depuis longtemps un partage équitable et apaisé de l'espace public. Toute forme de violence est à proscrire. Rien ne peut justifier de mettre en danger quelconque usager de la voie publique".

Concernant l'incident évoqué dans ses commentaires Facebook, Piha relève avoir voulu "maladroitement mettre en exergue que la vie était trop précieuse que pour se mettre en péril". Et de détailler: "ce soir-là, il y a 8 mois, j'ai dépassé le cycliste dans un carrefour dans lequel la priorité de droite ne s'appliquait pas et en assurant une distance de sécurité suffisante entre nous. Ni lui ni la personne qui l'accompagnait n'a été mis en danger", s'amende le militant libéral.

"L’automobiliste est continuellement pointé du doigt"

Plus généralement, Piha déplore que "la cohabitation actuelle entre les différents modes de transport à Bruxelles est très compliquée". En cause selon lui: "la politique de mobilité de la majorité, qui les oppose. L'automobiliste y est continuellement pointé du doigt, comme s'il était responsable de tous les maux de la terre". Plus précisément sur les rues cyclables, l'homme suggère une révision. "Actuellement, même un motard, qui ne mettrait personne en danger en procédant à un dépassement, doit rester derrière les cyclistes. De plus, aujourd'hui, on a l'impression que les rues deviennent cyclables au hasard, parfois sans que ça soit réellement justifié. C'est aussi le cas pour les contresens cyclables qui ne sont pas toujours adaptés pour un croisement en toute sécurité".

Fort d'un sondage de 2020 "où 69% des cyclistes contre 55% des automobilistes admettent enfreindre régulièrement le code de la route" et où "79% des sondés indiquent que les infrastructures routières ne protègent pas assez les cyclistes et trottinettistes", le militant libéral suggère que "l'obligation de détention d'un permis théorique devrait être envisagée pour les vélos, trottinettes…".

"Une cohabitation difficile"

Dans la suite de son plaidoyer, il aligne les arguments démontrant selon lui "une cohabitation difficile". Et de citer les piétonniers du centre et de chaussée d'Ixelles où les bus circulent au milieu des piétons, la suppression de bandes de circulation au profit de pistes cyclables à Watermael-Boitsfort, la fermeture de voiries au bois de La Cambre, la suppression de stationnement en voirie, l'augmentation des tarifs de stationnement…

Alexandre Piha termine:

"Alors, oui, les automobilistes se sentent continuellement pris pour cible sans que des alternatives viables leur soient proposées. La transition doit être travaillée et non imposée

". Et de conclure en prenant nos voisins du nord en exemple, ce qui pourrait amuser ses détracteurs: "

À l’instar de ce qui se fait aux Pays-Bas, nous pourrions très bien partager la voie publique entre les modes de transport sans que cela crée de la frustration, en créant un réseau cyclable protégé séparé de la circulation automobile. Mais, pour cela et bien d’autres choses, c’est toute la politique bruxelloise de mobilité qui est à revoir".