Vendetta des hooligans anderlechtois contre les supporters de Berne au Falstaff dans le centre de Bruxelles : "J’ai cru à un attentat"

Des violences ont éclaté mercredi soir dans le centre de Bruxelles et ont provoqué des dommages au café Falstaff.

M.D.
Vendetta des hooligans anderlechtois contre les supporters de Berne au Falstaff dans le centre de Bruxelles : "J’ai cru à un attentat"
©V.R.

Tout laisse penser à une vengeance. C’est d’ailleurs la piste principale de la police. Car il y a une semaine, lors du match aller de Conference League entre le Sporting d’Anderlecht et Young Boys Berne, des supporters anderlechtois avaient été pris à partie en Suisse. Ce mardi, les hooligans anderlechtois étaient manifestement là pour rendre les coups.

Aux alentours de 20 h 30, une trentaine de personnes - dont certaines cagoulées -, déferlent de la place de la Bourse à Bruxelles vers le bar Falstaff. Attablés en terrasse, des supporters suisses sentent la menace et se précipitent à l’intérieur du bar en fermant les portes derrière eux.

Bloqués à l’extérieur, les Anderlechtois se déchaînent alors sur la superbe devanture de l’établissement classé qui date des années 1910. Les chaises volent contre la façade Art déco.

"J’ai cru à un attentat"

L'attaque aura à peine duré deux ou trois minutes. "Un policier est arrivé et tout le monde a détalé", explique un témoin encore figé par l'incompréhension. Quelques heures après l'effusion de violence, les serveurs du Falstaff semblaient toujours tout aussi abasourdis "J'ai cru que c'était un attentat. J'ai tout de suite pensé que l'un d'eux aurait un flingue. J'ai tout laissé et j'ai couru me réfugier en haut", confie une serveuse. Une réaction partagée par son collègue : "J'étais au passe-plat, j'ai cru à un attentat alors j'ai tracé tout droit vers le fond du bar." Et un autre d'ajouter : "Je me suis collé à un mur. J'ai vraiment eu peur pour ma vie." Les témoins ont réussi à voir qu'une personne saignait de la jambe, mais aucun blessé grave n'est à déplorer. Les dégâts matériels, eux, sont considérables.

Vers 23 h 30 l’heure était déjà aux constatations. Un employé filme les dégâts sur le mobilier et la terrasse pour l’envoyer aux assureurs. Le patron, occupé à visionner les images des caméras avec la police, ne pouvait même pas le faire lui-même : son téléphone a été brisé.

L’une des deux vitres principales de l’établissement est totalement brisée, l’autre est partiellement endommagée. L’enseigne a perdu un "A "et un "F". Des dizaines de tables et de chaises sont cassées.

Philippe Close (PS), le bourgmestre de Bruxelles-Ville, s’est rendu sur place. Une équipe de techniciens de la commune est également venue colmater la façade éventrée par cette violente attaque.

Vendetta des hooligans anderlechtois contre les supporters de Berne au Falstaff dans le centre de Bruxelles : "J’ai cru à un attentat"
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Vingt-trois Suisses arrêtés

Plus tard dans la soirée, le groupe de Suisses attaqué est retrouvé à Saint-Gilles : "On ne va pas les appeler victimes", ironise une source policière. Et pour cause : sur la bande de supporters, les policiers retrouvent des cagoules et des coups-de-poing américains. Pas tout à fait l'arsenal du supporter modèle. La zone de police Bruxelles-Midi, qui a procédé à leurs arrestations administratives, souhaite les expulser vers la Suisse.

Une source proche du dossier mais non policière laisse entendre que des arrestations d'ultras anderlechtois auraient eu lieu. Les zones de police Bruxelles-Midi, Bruxelles Capitale Ixelles ainsi que le parquet n'en font pas état. "Une enquête est en cours. Nous essayons de trouver qui est responsable de quoi en analysant les images des caméras. Certains des auteurs étaient masqués et avaient une capuche sur la tête, il était clair qu'ils ne voulaient pas être reconnus", a par ailleurs déclaré Ilse Van de keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles/Ixelles, à nos confrères de Het Laatste Nieuws.

"Toujours à haut risque"

Jeudi soir, le match retour entre Young Boys Berne et le Sporting d'Anderlecht devait avoir lieu au Lotto Park à Anderlecht. Sous le regard vigilant de la police. "On suit le match, on le 'suisse' même si je peux dire. Dans tous les cas, on est déjà sur le coup", rassurait la zone Midi. "Chaque match européen est classé 'à haut risque'. L'effectif policier sur le terrain est donc renforcé et le bourgmestre a plus de prérogatives" pour agir rapidement et délimiter des zones d'actions prioritaires. Les supporters suisses, quant à eux, sont entrés dans le stade bien avant le match pour éviter de croiser les Anderlechtois.

Vendetta des hooligans anderlechtois contre les supporters de Berne au Falstaff dans le centre de Bruxelles : "J’ai cru à un attentat"
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