Manifestation de taxis à Bruxelles : Le secteur des taxis satisfait de la mobilisation pour la manif contre l'"uberisation"

La manifestation internationale contre Uber organisée à Bruxelles jeudi a atteint le rond-point Schuman, point final de l'action, vers 14h50. La Fédération des taxis bruxellois parle d'une manifestation réussie au cours de laquelle les chauffeurs européens ont parlé d'une seule voix.

Manifestation de taxis à Bruxelles : Le secteur des taxis satisfait de la mobilisation pour la manif contre l'"uberisation"
©Belga

On pouvait voir dans le cortège drapeaux et plaques d'immatriculation français, portugais, espagnols, grecs et britanniques. Quelques chauffeurs mexicains étaient là aussi pour soutenir leurs collègues européens. Trois cents taxis ont pris part à la manifestation, selon la police. Les organisateurs parlent de 400 voitures et 1.000 manifestants au total. Une partie des manifestants ont défilé à pied.

La manifestation s'inscrivait dans la foulée des UberFiles et de révélations issues de la fuite de données de plus de 124.000 documents internes, notes, agendas, messages WhatsApp et autres fichiers de données portant sur la période 2013-2017.

"La situation est très grave et perdure depuis fort longtemps. Les UberFiles ont démontré ce que nous savions depuis longtemps. Nous nous sommes réunis pour demander réparation et savoir quelles démarches vont être entreprises maintenant", précise Sam Bouchal, porte-parole de la Fédération des taxis bruxellois.

Le secteur estime que les documents révélés montrent qu'Uber s'est trouvé des alliés au pouvoir, comme l'actuel président français Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre de l'Économie en 2014 ou l'ex-commissaire européenne Neelie Kroes (2004-2014). La Néerlandaise aurait exercé du lobbying en 2015 et 2016 en secret pour Uber, alors que la Commission lui avait interdit explicitement de rejoindre le comité consultatif de la société américaine, en raison de la période de réserve qui s'impose à tous les commissaires sortants.

"Nous avons gagné plusieurs affaires en justice mais à chaque fois le politique est venu en aide à Uber. Les politiciens de premier plan sont amis avec Uber mais nous allons continuer à nous battre pour que cela change", assure Sam Bouchal.

"Notre combat est celui de la société dans son ensemble car notre secteur est la porte d'entrée de l'uberisation du monde. Nous avons été le laboratoire de l'uberisation et si le politique tolère celle-ci, elle sera autorisée partout et tout le monde sera touché. Cela constituerait une catastrophe pour la sécurité sociale et la solidarité populaire", conclut Sam Bouchal.