L'association SOS Viol inaugure de nouveaux locaux à Saint-Gilles

L'ASBL "SOS Viol", qui offre accueil et soutien aux victimes de violences sexuelles, a inauguré mardi de nouveaux locaux à Saint-Gilles, en présence de la ministre francophone des Maisons de justice Valérie Glatigny.

Inauguration des nouveaux locaux de SOS Viol à Saint-Gilles, mardi 04 octobre 2022
©BELGA

Nichée au sein d'une maison de maître bruxelloise au n° 17 de la rue d'Albanie, l'extension de l'antenne de la rue Coenraets propose des consultations psycho-sociales et une permanence téléphonique. SOS Viol fournit une aide tant sociale que psychologique grâce à un service juridique, une ligne d'écoute au 0800/98.100 et une messagerie instantanée ("chat") gratuites. Le numéro vert a reçu 2.397 appels en 2021, tandis que 188 conversations se sont déroulées sur le chat, lancé en juillet 2021. "Certaines personnes appellent puis il y a un silence au bout du fil ou elles raccrochent car il est parfois difficile de trouver ses mots face à une telle situation. Le 'chat' vient ainsi en complément", relève la ministre, qui a doublé les subsides pour cet outil en 2022, passant à 80.000 euros.

L'an dernier, l'ASBL a pris en charge 2.316 consultations, un nombre en augmentation. Au total, 330 dossiers ont été ouverts, dont les deux tiers concernaient des viols. Les autres faits rapportés relevaient de l'attentat à la pudeur, du harcèlement, de menaces ou injures, de coups et blessures volontaires et de séquestration. Pour un quart seulement (26%) de ces crimes et délits rapportés à SOS Viol, une plainte a été déposée, ressort-il des chiffres annuels de l'association.

Pousser la porte d'un commissariat de police n'est pas aisé, "car la société a fait du viol une honte, qui enferme les victimes dans le silence", explique Catherine François, présidente de SOS Viol. "L'association a été créée dans les années 1970. J'étais persuadée que les choses évolueraient vite mais force est de constater que la culture du viol a encore de beaux jours devant elle. Rien qu'à l'école, on interdit aux filles de porter un décolleté ou une mini-jupe sous prétexte que cela pourrait déconcentrer les garçons. Il faut envisager les rapports sexuels sous l'angle du consentement uniquement. Je suis présidente de SOS Viol depuis 20 ans, et tous les jours je rêve que nous fermions parce que le viol serait devenu anecdotique."

"On sait combien il est compliqué pour une victime de violences sexuelles de se rendre à la police: le cadre n'est pas convivial, il faut généralement raconter son vécu à l'accueil avant d'être pris en charge par un autre policier...", reconnaît Jurgen De Landsheer, chef de corps de la zone de Bruxelles-Midi. "On s'adapte, avec la création de EVA (la cellule d'aide urgente aux victimes, "Emergency victim assistance", NDLR) et le Centre de prise en charge des violences sexuelles (CPVS). Mais nous plaidons pour un accueil spécialisé, afin de préparer en amont - avec les services sociaux de la commune également - l'aide aux victimes (qui doivent être relogées lorsque leur agresseur vit sous le même toit) et la reconstruction personnelle, qui vient après le volet policier et judiciaire."

Dans 75% des cas, les violeurs sont connus de leur victime, d'après un rapport d'Amnesty International publié en 2019.

Fondée à Bruxelles, SOS Viol a ouvert une antenne à Namur en septembre. L'association est subventionnée par la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2018.

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