Le secteur des taxis bruxellois a mené une action mardi contre l'ordonnance "sparadrap"

Le secteur des taxis dénonce le système temporaire mis en place en Région bruxelloise. "Uber travaille illégalement depuis huit ans avec des licences 'limousines' alors qu'ils proposent des services de taxis."

Le secteur des taxis bruxellois a mené une action mardi contre l'ordonnance "sparadrap"
©Belga

Le secteur des taxis bruxellois a mené une action mardi matin boulevard du Roi Albert II, près de la gare du Nord, pour protester contre l'ordonnance "sparadrap". Adoptée en décembre 2021 par le gouvernement régional, elle permet aux plateformes comme Uber de continuer à fonctionner et entrera en application le 21 octobre prochain. Les chauffeurs de la Fédération belge des Taxis (FeBet), d'Ingoboka-Taxi, d'Elite Taxi et du Collectif des Travailleurs du Taxis (C.T..T.) dénoncent également l'augmentation du numérus clausus.

"Uber travaille illégalement depuis huit ans avec des licences 'limousines' alors qu'ils proposent des services de taxis", fustige une nouvelle fois Khalid Ed-Denguir, président de la FeBet. "Avec cette ordonnance 'sparadrap', le gouvernement contourne une décision de la cour d'appel", rappelle-t-il.

Rudi Vervoort, à la tête du gouvernement bruxellois et en charge des taxis, compte augmenter le numérus clausus de 1.300 à 3.250 taxis alors que la moitié des taxis bruxellois sont à l'arrêt par manque de chauffeurs, dénonce-t-il également.

Par ailleurs, "le gouvernement crée une concurrence déloyale entre les taxis et les plateformes. Celles-ci peuvent proposer un tarif de 1,50 euro par kilomètre alors que les taxis doivent demander 2,30 euros par kilomètre", constate M. Ed-Denguir. Les autorités "incitent les clients à utiliser les applications au lieu des taxis", estime-t-il dès lors. "Concernant les tarifs, nous demandons à ce que ça soit égal à ceux des plateformes, c'est-à-dire 2,30 euros par kilomètre."

"Nous sommes un service d'utilité publique, le gouvernement doit nous garantir une rentabilité, nous investissons dans des véhicules répondant à des normes spécifiques", insiste encore le président de la FeBet. Il considère que "M. Vervoort agit comme un dictateur en contournant l'ordonnance de 1995 qui prévoit la mise en place d'un comité consultatif des chauffeurs de taxis". "Avec lui, pas de concertation!", regrette-t-il.