"Nous n'en dormons plus": des associations demandent la réduction des nuisances sonores causées par Brussels Airport

Les associations ont lancé une pétition et une campagne, intitulée "Nous n'en dormons plus".

Belga
"Nous n'en dormons plus": des associations demandent la réduction des nuisances sonores causées par Brussels Airport
©FLEMAL JEAN-LUC

L'organisation environnementale Bond Beter Leefmilieu et plusieurs groupes d'action de la périphérie flamande de Bruxelles ont demandé mercredi au gouvernement flamand de réduire "considérablement les nuisances sonores et la pollution de l'environnement causées par Brussels Airport". Ils ont, à cet effet, lancé une campagne ("Nous n'en dormons plus") et une pétition en faveur d'un "avenir sain et neutre en carbone" pour l'aéroport de Zaventem. Le permis d'environnement actuel de Brussels Airport expirera mi-2024 et le gouvernement flamand doit dès lors rapidement prendre des décisions sur les conditions sous lesquelles l'aéroport pourra être exploité par la suite, rappellent les organisations (dont l'UBCNA, l'Awacss, Sterrebeek 2000 ou encore Wake-Up Kraainem).

D'après Marc Goethals, un cardiologue et habitant de la périphérie flamande de Bruxelles, les problèmes de santé chez les riverains et l'impact environnemental de Brussels Airport sont énormes. "L'Organisation Mondiale de la Santé a prouvé que le bruit des avions entraîne une forte augmentation de l'insomnie, du stress et de la dépression chez les adultes comme chez les enfants", appuie-t-il. "Les vols de nuit augmentent le risque de maladies cardiovasculaires d'au moins 25% chez les 215.000 riverains de Bruxelles Airport", calcule ce médecin.

Mais l'aéroport est aussi un mauvais élève en termes de pollution de l'environnement, assène Jasper Wouters, du Bond Beter Leefmilieu. Annuellement, le trafic aérien de l'aéroport émet ainsi autant de carbone que toute la ville d'Anvers, et plus d'oxydes d'azote que l'ensemble des entreprises du port d'Anvers. En outre, les particules ultrafines des avions sont observables jusqu'à 7 kilomètres de l'aéroport, dénonce-t-il.

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Face à ce constat, l'organisation environnementale flamande et les groupes d'actions de la périphérie proposent quatre mesures concrètes pour la transformation de Brussels Airport en un "aéroport de l'avenir".

La première consiste en l'interdiction des vols de nuit. Les différentes associations plaident aussi pour un plafonnement à 220.000 mouvements de vol par an, indiquent-elles. Elles réclament également l'introduction d'une zone de basses émissions en l'air. Ainsi, seuls les avions peu bruyants et à terme les avions à faible émission de carbone et les appareils les plus efficaces pourraient atterrir et décoller, développent les organisations. Enfin, elles souhaitent la fixation par le gouvernement flamand de normes en matière de bruit et de fréquence de survol.

Le Bond Beter Leefmilieu et les groupes d'action sont convaincus que ces mesures ne doivent pas conduire à une perte d'emplois ou une accessibilité réduite de la Belgique. Pour y parvenir, il faudrait développer un "véritable réseau ferroviaire international" avec, entre autres, des connexions directes à partir de Brussels Airport. L'aéroport peut par ailleurs développer un modèle de revenus durable, proposent-ils, en ne misant plus sur la croissance du nombre de passagers et des volumes de fret, mais en créant plutôt une plus grande valeur ajoutée par mouvement de vol à travers le transport de fret dans la soute des avions de ligne et un accent sur les marchés de niche, les spécialisations et les partenariats.

C'est la première fois que le mouvement écologique et différents groupes locaux de la périphérie flamande s'allient de la sorte dans une campagne commune. Ce qui démontre, selon eux, le large soutien des riverains de l'aéroport. Une pétition a d'ailleurs été lancée pour informer ces derniers et les encourager à se faire entendre.