Bruxelles

Sur les 3 470 Bruxellois privés de leurs allocations d’insertion depuis janvier 2015 à la suite des mesures fédérales, 1 386 ont introduit jusqu’ici une demande d’aide auprès d’un CPAS. Au total, 40 % des exclus du chômage se sont ainsi tournés vers un conseil de l’action sociale, a fait savoir la section CPAS de l’Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale (AVCB). Et le nombre ne devrait pas cesser d’augmenter.

Le chiffre est inquiétant , à en croire le président de section Michel Colson (FDF) et Jean Spinette (PS) qui se trouve à la tête du CPAS saint-gillois. "On s’inquiète pour les 60 % restants qui sont dans la nature. Selon moi, seule une extrême minorité d’entre eux a retrouvé du travail. Il s’agit donc d’un appauvrissement net d’une partie de la population, et de la classe moyenne", indique Michel Colson. "Un jour ou l’autre, ils vont frapper à la porte des CPAS car ils ne pourront plus payer leur loyer, leur eau ou leur électricité. Ils viendront donc vers nos services de médiation de dettes. Et ces gens ne rentreront pourtant jamais dans les statistiques des exclusions !", insiste Jean Spinette, qui parle d’un "effet boomerang ".

Ce s 2 331 personnes n’ayant pas encore introduit une demande d’aide auprès d’un CPAS représenteraient donc une petite bombe à retardement pour les finances des 19 communes bruxelloises. Car si le fédéral a promis un soutien financier aux CPAS, 20 à 40 % des coûts restent supportés par les seules entités.

Grâce à un important travail de collecte d’informations mené par les services des 19 CPAS, un document permet désormais d’esquisser, chiffres à l’appui, le profil précis des exclus du chômage. "Ont introduit une demande d’aide auprès d’un CPAS : 54 % des chefs de ménage sanctionnés, 63 % des isolés et à peine 16 % des cohabitants sanctionnés", indique notamment le rapport. "Il y a très peu de cohabitants qui ont demandé de l’aide car il suffit que leur conjoint gagne une certaine somme pour ne plus pouvoir entrer en ligne de compte", analyse Michel Colson. "Cela représente pourtant un perte sèche pour ces ménages !", ajoute-t-il.

Les 19 CPAS bruxellois continuent de reprocher au gouvernement fédéral de se décharger, au moyen de ces exclusions, de ses responsabilités aux dépens des communes de la capitale. "C’est un glissement de la sécurité sociale. Ces chiffres confirment la tendance déjà observée après trois mois", indique Jean Spinette.