Bruxelles Les craintes d'un Bruxelles en zone 30 partout ou presque ont fleuri ces derniers jours. Pourtant, le territoire bruxellois est déjà majoritairement limité à 30 km/h. En dix ans, l'évolution est d'ailleurs flagrante (voir photo). Jusqu'à présent, personne ne s'en est plaint...

Bernard, Bruxellois pur souche ayant récemment passé la cinquantaine, vient de s'acheter une nouvelle voiture. Puissante, rapide, allemande. A l'instar de nombreux Bruxellois, des chauffeurs de taxis et autre navetteurs roulant ou venant à Bruxelles en voiture chaque jour ouvrable, la zone 30 généralisée à Bruxelles, il n'en veut pas. En tous les cas, il la craint.

Bernard oublie néanmoins que plus de la moitié des voiries non-structurantes du territoire régional est déjà en régime zone 30. "Mi-2018, 55% du territoire était déjà en zone 30", commente Bruxelles-Mobilité. "Aujourd'hui, soit un an plus tard, nous avons certainement dépassé les 60% du territoire si l'on tient compte des nouvelles zones, du piétonnier du centre de Bruxelles, etc." Ainsi, l'ensemble du Pentagone est en zone 30, théorique certes faute d'infrastructures adéquates. Le territoire schaerbeekois est lui aussi à 100% en zone 30, hors voiries régionales. Dans le nord de la région, des communes comme Jette ou Berchem-Sainte-Agathe ont même mis en place des zones 20 dans certains quartiers résidentiels.

Bernard oublie, surtout, que le Parlement européen a décidé d’introduire l’assistance intelligente de vitesse (ISA pour Intelligent Speed Assistance en anglais) sur toutes les voitures neuves en 2022. Si elle en était équipée, la voiture de Bernard roulerait automatiquement à maximum 30 km/h dans les zones 30 bruxelloises. Dans un premier temps, le parlement laissera l'opportunité à Bernard de désactiver cette assistance. A terme, son véhicule sera bridé...

La mise en place d'un tel système est prévu par le gouvernement bruxellois. Il figure en tous les cas en bonne place dans la batterie d'actions proposée par plan régional de Mobilité (Good Move) lancée sous l'ancienne législature et poursuivi par le gouvernement Vervoort III. "L’ambition est de matérialiser le caractère local de la grande majorité des voiries, y réduire les vitesses effectivement pratiquées pour diminuer les nuisances environnementales et permettre une circulation apaisée, sécurisée et mixte", se fixe le plan. Concrètement, "il s’agit de modifier la réglementation en considérant le 30 km/h comme la vitesse par défaut sur l’ensemble du territoire et le 50 km/h comme une exception sur les voiries structurantes, d'accompagner ce dispositif d’une vaste campagne de communication, d’une signalétique adéquate, de contrôles renforcés et d’aménagements et de préparer et mettre en place le système de limitation automatiques de vitesse (ISA)".

Ci-dessous, la situation en 2019 comparée à celle en 2009