C’est parti ! Les festivités des 800 ans de la paroisse et, par extension de la commune de St-Gilles se devaient de commencer par une fresque rétrospective retraçant l’évolution de ce qui était à l’origine un village rural à la ville dans la ville actuelle. Elle se déploie sous forme de trente panneaux, soutenus par un catalogue permettant de pérenniser ce qui s’apparente à un travail de titans jusqu’au 25 septembre au premier étage du superbe hôtel; communal de la place Van Meenen.

Le défi était de taille mais l’échevin Patrick Debouverie et le Cercle d’Histoire de St-Gilles l’ont magnifiquement relevé, offrant une nouvelle approche globale passionnante qui complète le remarquable ouvrage coordonné par Pierre Dejemeppe et présenté au début de cette année. Avec des synthèses qui vont à l’essentiel et 800 documents (!) exceptionnels du Cercle d’Histoire et de collectionneurs privés, l’expo se décline en deux temps. Avec d’abord, le développement urbain de 1216 à 1840.

Un biotope vraiment exceptionnel

Une fameuse mue que celle qu’a connue Obbrussel, village rural au biotope exceptionnel à l’origine et vivant de la culture maraîchère dont 92 % du territoire était encore occupé par les hommes de la terre au lendemain de la révolution belge qui va se transformer en gros faubourg urbain.

Il fallait bien choisir un angle et c’est celui de l’émergence et de l’évolution des quartiers qu’ont choisi les concepteurs de l’exposition. Une évolution rapide où on voit disparaître de belles impasses au profit de quartier qui font la part belle au logement mais aussi à l’industrialisation. C’est aussi l’heure du développement lent mais irréversible de services publics qui doivent faire face au boom démographique. puis l’essor de plusieurs quartiers qui sortent du lot pour leur originalité architecturale.

Les architectes de l’UCL dans le coup

A n’en point douter, Patrick Debouverie et les historiens locaux ont remis St-Gilles sur la carte mémorielle bruxelloise. Charles Picqué l’a souligné, rappelant que sa commune doit une large part de son succès à ses options mixtes, de son développement économique et social à sa politique d’accueil de toujours qui en fait un vrai "melting pot". Et ce n’est pas fini puisqu’on a eu la bonne idée de demander à la Faculté d’architecture de l’UCL établie sur son territoire d’imaginer une plus grande densification en travaillant sur des immeubles-repères. Du passé on passera à l’avenir au printemps prochain avec un grand pow-wow sur l’évolution ubanistique…

Rens. : www.stgilles800.be


Valeurs et paradoxes de 14-18

De l’utile télescopage de deux anniversaires… : en cette année du huitième centenaire de St-Gilles, on marque aussi le centenaire de la bataille de Tabora marquée par un fameux Saint-Gillois : le général Charles Tombeur. Sous sa direction, la Force publique congolaise fut impliquée dans des opérations d’envergure contre les troupes coloniales allemandes. Fin juin 1916, elle occupa l’ensemble du territoire rwandais avant de remporter, le 19 septembre, une victoire décisive à Tabora, ville principale de l’Afrique orientale allemande. Le général Tombeur, anobli par Albert Ier, fut autorisé à accoler à son nom la particule de Tabora.

Décédé en 1947, il est enterré au cimetière de St-Gilles, dans la partie de la crypte dédiée aux soldats saint-gillois morts pendant ou des suites de la Grande Guerre. Son buste dû à Jacques Marin fut installé à l’avenue du Parc en 1951.

Saint-Gilles, déjà très en pointe pour tout ce qui a trait au devoir de mémoire, va une fois encore commémorer le centenaire de 14-18 au départ des traces qui, comme celles du général Tombeur, s’inscrivent dans l’espace public communal.

Hommage au cimetière

Il y aura donc deux interpellants événements : ce mardi 13, un colloque sur la guerre 14-18 en Afrique aura lieu à la Maison du Peuple de 13h30 à 18 h à l’initiative de la commune et de l’Université St Louis et le 16 septembre à 12h30, aura lieu la translation de la dépouille du général Tombeur à la pelouse d’honneur des soldats de 14-18. La commune entend mettre en évidence les valeurs et les paradoxes qui peuvent se dégager de la Grande Guerre tels la paix et la brutalisation; la démocratie et le nationalisme; la liberté et le totalitarisme… Elle tend également à inscrire les commémorations dans les traces existantes afin de renforcer les liens entre les habitants et leur commune. A travers Tombeur, le colloque évoquera les acteurs belges et congolais impliqués dans la Première Guerre…

Participation gratuite mais l’inscription obligatoire : colloque1418saintgilles@gmail.com