Bruxelles "On a l’impression d’être le quartier oublié de cette commune."

Des bandes urbaines qui traînent dans l’entrée de leur immeuble, des jeunes qui squattent leurs caves, d’autres qui entrent par effraction dans les garages et abîment les voitures… Les habitants de la résidence Charles Woeste auront tout vu. S’ils saluent les récents efforts faits par la zone de police Ouest (Molenbeek-Saint-Jean, Jette, Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe et Koekelberg), ils continuent cependant à se sentir en insécurité dans leur propre hall d’entrée.

Fanny Anciaux a 73 ans. Elle habite depuis 2006 dans la résidence Charles Woeste, située près de la station de métro Belgica. Son voisin Olivier (prénom d’emprunt) habite quant à lui depuis 1991 dans cet immeuble de 400 logements. Tous les deux témoignent : "habiter ici aujourd’hui, ce n’est plus ce que c’était." Les deux résidents jettois regrettent le temps où il y avait un agent de quartier qui passait régulièrement, un commissariat de proximité, un syndicat unique pour l’immeuble et un concierge. "Aujourd’hui on n’a plus rien. On a l’impression d’être le quartier oublié de cette commune", déplore Fanny Anciaux.

Ce complexe de plusieurs centaines d’appartements est bordé par une passerelle, où des bandes de jeunes ont pris l’habitude de traîner. "On voit constamment des têtes inconnues dans notre immeuble. Certains fument, rigolent, traînent mais on ne comprend pas ce qu’ils font là et, avec tout ce qu’il s’est passé, on n’est plus rassurés", explique Olivier. Et il y a de quoi devenir parano. Ces dernières années, plusieurs jeunes qui n’habitent pas l’immeuble se sont par exemple amusés à appeler les pompiers à l’adresse de la résidence, pour ensuite jeter des pavés sur les camions qui arrivaient en trombe.

"Il y a deux ans, 104 portes des caves de l’immeuble ont été défoncées", poursuit Fanny. Et pas plus tard qu’il y a deux mois, les boxes des garages ont été envahis et les voitures des résidents vandalisées. Résultat ? "Les charges communes de l’immeuble augmentent. On doit payer pour les pompiers appelés pour rien, pour les portes cassées, etc." s’indigne Fanny.

Du côté de la zone de police Ouest, les agents sont au fait de la situation. "On est conscients qu’il peut y avoir encore des problèmes et on veut insister sur le fait qu’il ne faut pas hésiter à déposer plainte. Souvent dans ce quartier, les gens n’osent plus porter plainte car ils ont peur des représailles et que près de la résidence tout le monde se connaît. Mais ils peuvent aussi porter plainte anonymement et nous voulons vraiment qu’ils se sentent plus en sécurité.", affirme Yohan Berckmans, porte-parole de la zone.