Bruxelles Entre septembre et novembre, 23 522 véhicules ont été contrôlés par la police en zones 30 : 11,52 % roulaient trop vite.

La commune de Schaerbeek fait régulièrement l’actualité pour des accidents de la route sur son territoire. Un groupe de citoyens, nommé 1030/0, a même vu le jour à la suite du décès de la journaliste Stéphanie Verbraekel, renversée par un automobiliste le 7 novembre 2017 chaussée d’Haecht. Depuis, d’autres accidents graves et mortels ont été répertoriés. Le dernier en date a eu lieu ce samedi vers 17 h avenue Voltaire.

Ce nouveau drame a eu lieu au cœur de la zone 30 généralisée sur le territoire communal. Le dispositif a été mis en place en septembre dernier. Mais il n’est réellement effectif que depuis deux mois. La Dernière Heure s’est rendue dans les rues de Schaerbeek pour tester la zone 30 ce mardi durant l’après-midi. Le constat était relativement positif puisque la plupart des automobilistes respectaient les limitations de vitesse.

Une situation qui n’est pas le cas en permanence comme le confirmait le collectif 1030/0. Un constat dressé également par d’autres personnes circulant souvent dans la commune : "Quand je roule à 30, j’ai l’impression que tout le monde me dépasse. C’est dramatique. Il y a des fous du volant."

La zone 30 généralisée ne semble donc pas encore assimilée par tous les automobilistes, au grand dam des riverains de la commune. Le cabinet du bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (Défi), partage cet avis. "On est dans un processus clair de travail pour améliorer la sécurité routière globalement. La zone 30 est un des aspects essentiel. On ne décrète pas ce dispositif sans rien faire d’autre. On contrôle, on communique et on suit ce que cela donne. Mais c’est certain que cela prend du temps. C’est indéniable, on ne peut pas faire autrement. Cela risque de prendre des années pour atteindre l’objectif de zéro tué" , explique Marc Weber, chef de cabinet du bourgmestre.

"On tend vers cela. La zone 30 crée aussi des crispations. Certains sont fâchés et éventuellement se rebiffent et décident d’aller plus vite. Très clairement, il faut donc aussi punir, mais pour cela il faut beaucoup de moyens. On a donc augmenté ceux de la police zonale qui sont dédiés uniquement à la circulation. Il y a aussi l’investissement dans les radars. On a aussi demandé à l’ensemble du corps de police de s’occuper de cette thématique. On a une attention tout à fait particulière pour la sécurité routière."

Entre septembre et novembre 2018, la zone de police Bruxelles Nord (Evere, Saint-Josse et Schaerbeek) a réalisé une augmentation de 35 % des contrôles radars par rapport à la même période en 2017. Dans les zones 30, 23522 véhicules ont été contrôlés par la police, dont 2 710 étaient en excès de vitesse, soit 11,52 %.

"Nous avons augmenté le nombre d’opérations mais donc également le nombre de véhicules contrôlés. La raison principale vient du fait que nous avons doublé les effectifs de notre service radar. Enfin, le pourcentage d’excès de vitesse en zone 30 est plus élevé en 2018 par rapport à 2017. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions mais il est vrai que tout le monde n’est pas encore habitué au fait que tout Schaerbeek et une partie d’Evere est en zone 30. Nous allons continuer de maintenir notre effort en matière de nombre de contrôles radars organisés sur notre zone", indique la zone de police Bruxelles Nord.