Une structure supportant des centaines de clés a été montée en face de l'ambassade. Elle portait le message "Hé l'Arabie saoudite, avez-vous perdu la clé pour libérer Raif Badawi ?" Les militants avaient en main de gros trousseaux de clés et des photos du blogueur.

Grâce à la mobilisation de ses groupes locaux, Amnesty International a collecté quelque 11.800 clés à Bruxelles et en Wallonie. Une première clé a été déposée ce vendredi sous les grilles de l'ambassade. A compter de ce jour, l'ONG lui enverra par la poste une clé quotidiennement.

"Raif Badawi a été condamné à une peine cruelle et injuste pour une simple raison : avoir déplu aux autorités saoudiennes en faisant usage du droit à la liberté d'expression", déplore Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. "Emprisonné depuis plus de huit ans, il n'aurait jamais dû passer un seul jour en détention, laquelle se poursuit de façon tout à fait scandaleuse".

Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le tribunal pénal de Djedda à 10 ans d'emprisonnement, 1.000 coups de fouet et une amende d'un million de riyals saoudiens (soit presque 230.000 euros) pour avoir créé le site internet "Libérez les libéraux saoudiens", et pour insulte à l'islam. Les 50 premiers coups lui ont été infligés le 9 janvier 2015 devant la mosquée al Jafali à Djedda, puis ont à chaque fois été reportés.

Amnesty a récolté plus de 18.500 signatures, via une pétition en ligne, en faveur de la libération de Raif Badawi, ainsi que de celle de son avocat Waleed Abu al Khair, défenseur des droits humains.

L'ONG dénonce la répression intense par le gouvernement saoudien des droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion, notamment en ce qui concerne l'expression des opinions en ligne.